Mauvaise fille.

Comment peut on partir en vacances aussi loin et que ce soit si nul ? Je dois être mazo. Ou plutôt un trop grand sens de la famille. Dix jours sur place, un voyage de plus de 24h pour y arriver. Sur place, la bonne me met immédiatement au parfum : « je voudrais discuter avec vous », me dit-elle… Merde, elle va me chier sa dem’… Même pas. Aussitôt assise dans la cuisine, elle sort un sac plein de billets. Je reste littéralement bouche bée. C’est quoi ça ?? Ça, me dit-elle, c’est ce que votre père m’a donné en 3 semaines… Et pourquoi ? Pour le taxi, me dit-il… Sauf qu’en taxi, je ne dépense pas tout ça…

Elle, elle est honnête, mais, les autres qui entourent mon père de 91 ans, ne le sont pas autant. Il faut arrêter l’hémorragie. Surtout qu’il ne dépense pas que son argent, mais celui de la société familiale. Mes cousins sont déjà sur les dents. A la mort de mon père, je n’ai pas envie de devoir vendre veaux, vaches, cochons pour les rembourser.

Quand je lui demande s’il sait combien coûte un taxi, il n’en a aucune idée, et nie le fait de donner des « pourboires » à tout son entourage.

Voilà, le ton des vacances est donné. Je vais passer ma semaine entre la banque, le comptable, l’avocat. Et… les courses, la bouffe, les devoirs des enfants… et les sautes d’humeur de mon père qui n’accepte pas de se sentir sans le sou.

Moi, je me sens mal. Comme une fille indigne qui mesure les dépenses de son père, alors que lui m’a tout donné. Il n’a clairement plus toute sa tête, et en même temps donne parfaitement le change. Il est bien par moments, content qu’on soit là, et puis l’heure d’après il me fait la gueule. Sans explication, juste quelque chose qui lui est passé par la tête, qu’il ressasse, et qui ressort. Épuisant. Déstabilisant. Triste. Pourtant je pense faire ce qu’il faut. Seul problème, je vis à dix mille kilomètres de lui. Et la bas, il est seul.

Écrire pour ne plus y penser, pour moins y penser. Un peu comme on se débarrasse de quelque chose d’encombrant. Je le pose là, et puis j’oublie… si seulement ça pouvait marcher.

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Fêtes

Les vacances approchent et je n’ai pas du tout l’impression de fête. Peut être parce que nous passons la nuit de noël en transit dans un hôtel, en route pour les confins. Peut être que je préfère oublier cette période trop propice à la nostalgie des proches trop vite disparus. Qu’ils étaient bien ces Noëls avec ma grand mère, ma tante, mes deux parents… Au final, quand on fait le compte, il n’y en a pas eu beaucoup avec tout le monde…

Grande famille dissolue. Puis fâchée. Puis décimée.

Cette année, c’est en tout petit comité, juste nous quatre et papa. Marquer le jour de Noël, sans trop souffrir de l’absence des absents. De maman, de ma grand mère…

Je râlais de devoir faire ce long voyage pour cette date spéciale… In fine, il ne reste que les souvenirs.

Cette année, encore plus que les autres, j’aime pas Noël. Je me dis que ça va passer vite, que ce sera sympas de voir papa, que je ne veux pas me prendre la tête, que finalement ce sera vite passé. Et qu’après, il y aura un après.

Libérée… délivrée !!

Vendredi je me suis fait un petit plaisir. Un petit plaisir à l’ego, un petit plaisir innocent, sans conséquences majeures (je pense, j’espère…)

Vendredi, j’ai annoncé à la directrice du poney club que le Petit arrêtait l’équitation… le HB et les cours chez eux. Eux, le plus grand poney club de France, qui ne se prend pas pour de la saucisse avariée. Oui, il arrête parce que vous avez réussi à le dégoûter. Parce que les entraînements ne lui conviennent pas, parce que l’équipe ne lui convient pas, et que ça le rend malheureux.

Vous aviez raison Madame, Monsieur, il y a deux mois, de nous dire que le club n’avait plus rien à offrir à notre fils. Sur le coup, je l’ai pris comme un « ils nous virent », et moi, on ne me vire pas. Mais en fait, le constat d’échec est flagrant. Il n’a plus envie.

Alors pour lui redonner l’envie, on va arrêter. Et puis on verra plus tard ce que l’on fait.

Petit plaisir sournois, également, que de dire à la coach, que le Petit lui faisait confiance quand elle a dit qu’elle allait mixer les équipes pendant les trois premiers matchs. Comme elle n’en a rien fait, au troisième match, il s’est dit « c’est mort, elle ne changera jamais ». Que peut-il y avoir de pire pour une coach que de perdre la confiance d’un membre de l’équipe ? À mon sens rien. Mais est-elle une vraie coach ?

Peut être que c’est mieux pour eux aussi. Débarrassés du boulet, débarrassés de la mère emmerdeuse qui pose des questions…

Je me sens plutôt comme dans la chanson. L’univers des possibles s’ouvre à nous.

On avance.