La maman de Bambi

Le téléphone a sonné, et dans un élan de spontanéité, j’ai répondu. C’était Elle. A ma décharge, je dois dire que j’attendais une livraison de courses et que le livreur téléphone quand il est en avance. Le livreur téléphone en numéro masqué. Elle aussi.

C’est fini me dit-elle, il en a fini avec moi, je l’ai poussé à bout, c’était le bout… Et si tu savais comme je l’aime… Elle pleure, se lapide, s’autoflagelle. Elle l’aime passionnément, d’une passion qui la dévore et la pousse à l’inadmissible, et ses raisons sont si poignantes, sa passion si sincère, elle est si lucide quant au fait qu’elle a merdé, qu’elle m’émeut. Elle pleure, et je pleure avec elle. Tant d’amour, me secoue, me retourne, me renvoie à ma propre histoire. Son histoire idéalisée, sa peur d’affronter la réalité, que celle-ci soit moins parfaite, moins grandiose que ce qu’elle ressent pour lui… Je la comprends tellement… Et je me remémore les mois passés, lui, son humeur directement liée à elle, à ses appels, à ses nouvelles, à ses promesses. Il a eu besoin d’elle, ils’est accroché à elle, comme elle à lui, et puis le virtuel a atteint ses limites, le reel n’était plus àla hauteur, forcément… Je pleure pour elle, je pleure pour lui, je pleure pour le gâchis de tant de sentiments forts piétinés par bêtise. Je suis une midinette, je pleure.

Je ne peux pas regarder Bambi. Je ne supporte pas le moment où il perd sa maman. J’ai du mal avec le Roi Lion, le passage où son papa meurt, et où son oncle lui dit que c’est de sa faute. Le regard du lionceau me retourne, sa peine, l’injustice… Je pleure aussi à chaque fois que je vois les dix premières minutes de La Haut, quand il voit défiler sa vie, nostalgie. Nostalgie aussi à la fin de Toys Story 3, quand Andy fait don de ses jouets à la petite fille… Je pleure. Pour un oui, pour un non.

Je pleure quand je repense à cette histoire, un peu pour les mêmes raison que je pleure devant les films de Disney/Pixar : la peine des autres, l’injustice, la nostalgie, le gâchis des sentiments.

Tout à l’heure, mon mari est rentré. J’ai le nez pris et les yeux rouges. « Tu as pleuré ? que se passe-t-il ? » Rien mon chéri… je suis allergique… et pour détourner la conversation, je soulève mon t-shirt : « Regarde, j’ai un nouveau soutif ! T’aime ? » (j’ai de la chance, mon mari est faible avec mes seins)

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L’aquaboniste

Ma première réaction a été de lui répondre, en privé. De lui expliquer… l’inexplicable, mon côté naïf et spontané, un zeste de sympathie ? Et puis, je me suis dit que ça se retournerait contre lui. Ou pas.

Et puis le temps m’a manqué. L’envie aussi. D’autres chats à fouetter. Exit. A quoi bon remuer encore la boue ? Après tout, ce n’est pas mon histoire, tout ceci m’a embarqué malgré moi. Dans les blogs, c’est un peu comme dans la vie finalement : il y a les gens que j’apprécie, et que je fréquente, mes amis. Il y a les gens que je n’apprécie pas et dont je me fiche. Et puis il y a tous ceux que j’ignore parce qu’ils ne m’intéressent pas/plus. À peine peuvent-ils déclencher une curiosité passagère, une curiosité voyeuriste. Mais le tour de l’individu est assez vite bouclé, et je passe à autre chose. A quoi bon.

J’y pense et puis j’oublie

N’y pensons plus…

L’heure de bilan

J’ai un peu délaissé mon blog. J’en suis désolée pour vous bien chers lecteurs qui suiviez mes état d’âmes et mes interrogations.

Que dire ? Que la vrai e vie a pris le dessus ? Que les véritables amitiés nées il y a un peu plus d’un an ont subsisté, que les autres se sont dissoutes comme d’éphémères volutes de fumée ?

X1 ? Je ne sais plus, je n’ai plus du tout de nouvelles. Parfois j’aimerai bien en avoir, je me dis qu’il faudrait que je lui fasse un petit mail… Mais l’idée est furtive, et comme disait la chanson : « j’y pense et puis j’oublie… ». Parfois je l’aperçois sur MSN, mais je le sais très occupé à son jeu de no-life. Et le déranger pour quoi faire ? Lui proposer une photo coquine ? Je n’ai pas envie de lui en montrer. Lui raconter ma vie ? je doute que ma vie réelle l’intéresse… Le temps de penser à tout ça, le moment est déjà passé.

X2 ? Je ne sais même plus lequel c’était ! C’est dire à quel point il a compté !

Tout comme X3, X4… X5 ? mais l’avais-je vraiment baptisé ainsi ? Tous ces X se ressemblent, se suivent et se ressemblent. Se suivent, s’effacent, s’oublient…. S’oublient.

Et s’il n’en restait qu’un ? Ce serait l’Autre bien sûr. Mais peut-on le considérer comme un être du virtuel ? L’Autre est passé dans la vraie vie. C’est devenu un ami. Un ami cher. Effacés les malentendus, les sous-entendus. Il ne reste que le réel. On travaille ensembles avec l’autre, mais plus sur une œuvre commune. On travaille ensembles, mais chacun sur son projet.

Allez, voyez ? Tout va bien ! Et promis, je reviendrai avant les prix littéraires ! Mais chuttt…