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Blogage

L’un des premiers blogs que j’ai découvert, c’est celui d’un type qui prenait une photo par jour de son balcon. Peut être pour consigner la météo. Si je devais consigner la météo depuis deux mois… Bref, là n’est point le sujet.

L’un des premiers journaux en ligne (on n’appelait pas ça blog à l’époque) que j’ai lu, était celui d’un étudiant (science po, peut être ?) qui racontait son quotidien, ses amis, ses plans cul etc… Comme je n’avais pas internet partout, et notamment pas chez moi, j’avais imprimé ses écrits, je les lisais dans le métro. Littérature bon marché. C’était compliqué à suivre : il ne mettait que des initiales pour parler des personnes de son entourage. Je m’y paumais un peu. Je crois que son blog s’appelait : journal de l’nrv. Le nom, bien trouvé, a dû être repris à l’infini.

Ce qui m’a poussé à ouvrir un blog, c’est un article dans Cosmo, ou dans elle. Un article sur le nouveau phénomène donnait en exemple le blog de Jenifer, une lycéenne suisse racontait son quotidien. C’était bon enfant. Ça m’a plu. C’est à ce moment là que j’ai ouvert mon premier blog.

(à suivre ?)

Je suis un poisson

Note pour plus tard : penser à dire à Machin qu’il explique à sa copine le principe du décalage horaire : 20h au Venezuela = 2h du mat en France. Et moi à deux heures du mat’, ça fait belle lurette que je dors… Le problème, quand on me réveille à deux heures du mat’, c’est que je ne me rendors pas, alors, je passe quatre heures à le haïr avant d’aller tout oublier dans le bleu.

Tous les matins, avec ou sans enfants, je me glisse dans l’eau bleue et chlorée. Tous les matins, je nage. Deux mille mètres, minimum, parfois un peu plus. Je nage et je suis bien dans l’eau.

Je me souviens de cette ancienne époque, où je nageais tous les jours, parfois, souvent deux fois par jour. Ma serviette n’avait pas le temps de sécher. Mon maillot non plus, mais c’était moins grave.

Je venais de me séparer de M-je ne sais plus combien, deux ou trois ? Allez, pour fixer les idées, appelons-le Marc pour plus de clarté dans le récit. Séparation avec pertes et fracas, puisque Monsieur avait « juste » déménagé pendant les quelques jours de vacances que j’avais pris à mes Vieilles Pierres.. « Juste »…

Mais là n’est pas le sujet. Pour oublier Marc, mon amie Jane (oui, déjà elle) m’avait conseillé de la rejoindre à la piscine où elle nageait en mono palme. La mono palme késako ? Simple des palmes, une palme à chaque pied, on bat des pieds, la mono palme : les deux pieds dans le même sabot, et on ondule. Ondoule ton corrrrps ! « Tu verras, m’avait-elle précisé, je sors avec un nageur super, un corps de rêve, the planche anatomique ! » « Moi, les planches anatomique, je m’en tape »

Son mec en question était ce que l’eau est à une piscine : indissociable de celle-ci. Sympas, gentil, beau corps, woué… Un peu court sur pattes, mais, bon, je n’étais pas là pour ça.

Je me souviendrais toujours de ce premier cours de mono palme, cet énorme engin qui vous transforme en sirène (woué, si je veux) en dix secondes, le temps de chausser la chose. Et cette sensation de glisse, de vitesse, de bleu tout autour. J’ai adoré. J’ai tellement adoré, que je ne me suis même pas rendue compte que le caoutchouc des chaussants avait brulé la peau de mes orteils…

Après ?

Après je me suis inscrite aux cours, deux fois par semaine. Un jour le copain de mon amie Jane m’a proposé de nous retrouver à la piscine. Pour nager. Je ne travaillais pas à l’époque, ou plutôt je travaillais sur ma thèse. J’avais donc un emploi du temps excessivement souple et adaptable. Il me donnait d’improbables rendez-vous devant la piscine (de taoutine les perpet’s) à 10h42 ou 9h23… C’est devenu un jeu pour moi que d’arriver à l’heure à ses rendez-vous, pile à l’heure…  et c’est comme ça que ça a commencé. Sans m’en rendre compte, j’avais rendez-vous avec un nageur, tous les jours à la piscine. Les jours où il y avait le cours de mono palme, je nageais deux fois par jour. Puis, je me suis retrouvée embrigadée dans les entrainements d’apnée –le véritable intérêt de le mono palme étant l’apnée en fait… Deux autres fois par semaine… Et ainsi de suite. Je passais de plus en plus de temps avec le nageur. J’appréciais ses conseils sur les « appuis fuyants », et sur la sensation de glisse. Sur la quête de l’effort moindre pour une efficacité maximale…

Un jour, ma copine Jane, nous a surpris dans les douches de la piscine. Taisez-vous, esprits lubriques, il ne se passait rien de mal ! Il était juste en train de me laver le dos… Nous nous lavions mutuellement le dos, sans arrière-pensée aucune. « Mais vous êtes en sembles !! S’est-elle écrié » « Mais non, tu te trompes… je lui ai répondu » Mais le mal était fait. Pour elle, je lui avais piqué son mec, et elle ne m’a plus reparlé pendant des mois avant de me dire « bah j’aimais pas trop sa façon de baiser, trop doux, et toi ? il te convient ? ». Pour lui, je crois qu’il voulait en finir avec elle, et que c’était une bonne occasion de passer à autre chose. Pour moi, je me suis dit « tiens, je n’avais pas remarqué, mais pourquoi pas… »

Deux ans. Oui, je suis restée deux ans avec le nageur. Alors forcément, j’ai appris à nager. On ne sort pas longtemps un poisson de l’eau… alors si on veut passer du temps avec le poisson, il fait se jeter à l’eau.

J’ai gardé le gout de l’eau, le gout de la glisse, de l’appui fuyant… Je nage peu en temps normal, j’ai ausssi gardé le gout aux créneaux privés… les lignes bondées me stressent… Alors en vacances, j’en profite.

J’ai (encore) copiné avec le maitre-nageur (pas mal foutu de sa personne, mais perd beaucoup de son charme dès lors qu’il est habillé…) (pourvu qu’il ne me lise jamais !) J’ai copiné, alors je viens nager tous les matins, avant les heures d’ouverture au publique. J’ai toute la piscine pour moi toute seule (et mes enfants), je choisi ma ligne et en plus je peux changer d’avis. Et je fais des longueurs, et des longueurs… Récemment, j’en ai eu marre de les compter. Alors j’ai demandé au maître-nageur de me faire des petits programmes. Je crois qu’il se prête au jeu avec plaisir. Je ne dis jamais non dans l’eau. J’aime l’effort aquatique, j’aime quand c’est dur, j’aime quand je récupère, j’aime pendant et j’aime après… Lui, je pense que ça doit l’éclater de me voir naager, et surtout de me faire faire ce qui lui passe par la tête sans jamais essuyer de refus. Bon compromis.

Mais où voulais-je en venir avec ce billet ? Ah oui, au sujet du bleu… Je tente de compter les carreaux de la piscine, mais il y en a beaucoup, trop. Je perds le fil, alors je recommence… encore et encore… c’est comme ça que je me retrouve à nager deux bornes par jour… et à être bien. Je suis un poisson.

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La mie d’un roi

Personne n’imagine à quel point il peut être difficile d ‘être l’amie d’un roi.

Comment lui être fidèle, loyale. L’aimer, une, parmi tant d’autres. Le savoir unique pour soi, se perdre dans la masse des courtisanes. Devenir sa favorite, le rester. Se renouveler pour lui plaire…

Je suis d’une nature jalouse et possessive. Je ne partage pas mon roi. Je suis la Reine mère, l’Unique.

J’ai de la chance, il ne voit que moi. J’ai de la chance, ou j’ai su ferrer mon roi ?

Je me souviens, il y a dix ans, la trentaine démangeante, la quête urgente, l’horloge qui tournait, il me fallait un homme. Je me souviens avoir quitté M6 avec pertes et fracas. Oui, nous en étions venus aux mains. Ou plus exactement, après une énième dispute, je lui avais tourné une claque, à ma plus grande surprise, il me l’avait rendue ! Je l’avais mis à la porte sur le champ, avantage d’habiter chez moi, chez moi seule. La suite ? La suite immédiate, j’avais rassemblé ses quelques affaires et les avait déposées sur  le trottoir. « Tes affaires sont sur le trottoir » disait mon sms…

La suite ? Je m’étais tapé le frère d’un copain, un moniteur de ski, un petit jeune (oui, déjà, j’avais un fort penchant pour les petits jeunes), un ancien de mon école avec qui ça ne s’était pas fait à l’époque, et… et j’avais rencontré celui qui est devenu mon mari.

Comme une course au sexe avant de tomber sur le bon. Comme un besoin de redorer le blason. Comme la preuve nécessaire à l’égo de me dire : « je me tape qui je veux, c’est moi qui décide : je prends, je consomme, je jette». Et puis M7.

M7, ça n’a pas été un problème d’hormones, une course à l’homme, un besoin de me prouver quoi que ce soit. Un jour, tout est devenu simple et évident. Tout ce qui me posait problème avec M6, M5 et autres satellites, ne m’embêtait plus du tout. C’était facile et évident. Une rencontre dans un bar. Un rencontre improbable un soir où tout le monde s’ennuie plus ou moins. Et puis un premier rendez vous, puis un deuxième pour avancer le premier. Puis un week end au ski. À deux plutôt qu’à six.  Et un mot d’un ami de longue date : « il est bien ton mec, garde-le »… Et puis la rencontre de ses parents, suivie de sa rencontre des miens… Et cette certitude croissante, cette sensation étrange d’être avec la bonne personne, au bon moment, d’être juste là où il faut, comme il faut, comme j’ai toujours voulu.

Alors un jour de juin j’ai eu ces mots ultimes : « Moi, une histoire éphémère ça m’intéresse pas, j’en ai eu plein… alors si tu veux rester avec moi, c’est du sérieux, c’est pour la vie ou rien du tout ». On sortait en sembles depuis deux mois… Il a eu l’air un peu surpris, mais a eu cette réaction curieuse qui a été de s’agenouiller devant moi et de me demander : « alors est ce que tu veux te marier avec moi ? ». Prise à mon propre piège ? Peut être. Je n’avais d’autre solution que de dire oui.

L’année d’après, nous nous épousaillions aux Vielles Pierres entourés d’une bonne centaine d’amis, famille, et autres proches de tous poils… C’était hier, c’était il y a dix ans. Dix ans la semaine prochaine. On se fait l’effet de survivors parfois…

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