L’épouse

Le mot m’est resté entre les deux sourcils lorsque j’ai posé les yeux dessus. Il y avait plus exactement écrit « mon épouse ». Pas ma femme ou ma compagne, non, « mon épouse ». Un peu comme si en écrivant celà il avait voulu lui donner de la légitimité à son épouse. Elle peu écrire aussi, elle, la femme de l’écrivain, écrit.

Je pense qu’il en a toujours rêvé de cette femme écrivaine. Ça faisait partie du package obligatoire. Pour que la notoriété de l’un déteigne sur l’autre et vice-versa.

Il cherchait une épouse, pas seulement une écrivaine, ou une compagne de voyages. L’artiste ne lui suffisait pas, la fille des antipodes non plus.

Curieusement, je suis contente pour lui qu’il ait trouvé. Pas jalouse, pas amère. Nous étions bien trop à l’écart pour pouvoir imaginer quoi que ce soit, ne serait-ce qu’une amitié.

C’est bien comme ça.

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Râleries bis

C’est de ma faute. Mais quand même.

Ce matin je lui demande s’il a dictée, il me dit oui. Et là, surprise, drame et consternation, on a pas préparé les mots. Alors oui, il l’avait bien dit samedi qu’il avait dictée. Mais entre les exos du fichier de math et le petit texte à inventer pour « la suite de l’histoire », j’ai complétement oublié la dictée…

Et forcément dimanche, entre la neige et sa compét de natation… la dictée est passée à l’as…

Alors, ce matin…

 

Ce matin, j’ai froid. Je suis recroquevillée, en Z sur mon canapé. Je contemple mon écran, son message affiché sous mes yeux…  Je ne sais pas quoi répondre. Je ne sais même pas si c’est une bonne idée de répondre. Depuis Noël, il tente un nouveau truc avec sa femme. Sa vrai femme. Celle qu’il ne supporte pas à moins de deux encablures de lui… Depuis Noël, il s’est installé chez elle, à la ville. Son chien lui manque, ses montagnes aussi. Aussi nos correspondances.

Elles me manquent aussi nos correspondances. Ces douceurs matinales, issues de la nuit, bues avec le thé léger du matin.

Ces correspondances… qui nous ont mené à nous voir en « vrai », à apprécier le temps passé ensembles comme des minutes volées à l’éternité…

Ces correspondances… qui soudain donnent envie d ‘autres choses. Impossible.

 

Ce matin en Z, comme tu sais que j’écris, je ne sais pas quoi te répondre… Tu me manques aussi. Nos mails me manquent, nos échanges me manquent, nos dej me manquent…

Aujourd’hui il fait froid… comme cette fois où on s’était promenés dans le parc. On s’était moqué des canards et de leurs glissades maladroites sur la pièce d’eau gelée… On avait regretté de ne pas avoir de pain à leur donner, tu avais été acheté une gaufre pour leur donner… On avait réchauffé nos mains en la tenant. Nos doigts s’étaient alors mélangés, nos regards croisés, surpris. Les canards avaient rigolé de nous voir aussi gênés…

Merde, tu me manques, tout ça me manque… à quel moment a-t-on merdé ?

Je bois

Je bois

De l’eau

Pour ne pas grignoter n’importe quoi.

Je suis dans l’attente, le stress. Je n’aurais pas dû le contacter. Je n’aurais pas dû lui répondre.

Il paraît que l’attente fait partie du jeu de la séduction. En ce qui nous concerne, ce n’est plus un jeu de séduction, c’est un jeu de chat et de souris. Il propose, je dis peut être, pour finalement dire non. Alors il relance, jusqu’au dernier moment, comme pour me faire changer d’avis, alors que j’ai déjà dit non. Il relance comme pour savoir si au final, il a une emprise sur moi. Je ne cède pas. Je suis inflexible, raide, comme la justice… idiote.

Et puis le temps passe. Dans un silence qui soulage. Il égrène de ses nouvelles sur les réseaux sociaux. Je fais ma voyeuse, silencieuse petite souris, jalouse des connes qui se gaussent de ses statuts niais.

C’est toujours la même histoire. Ca fait des années que ça dure, je n’en peux plus !

« Pourquoi tu ne couches pas avec lui » me demande une copine, « ce serait fait, après vous pourriez passer à autre chose ». Alors, non, je ne couche pas avec lui, car je n’ai pas envie de tromper mon mari. Je ne trompe pas, moi. Moi, je suis juste trop conne, si une situation ne me convient plus, je pars. Si je suis amoureuse d’un autre homme que le mien, je le quitte. Pour essayer de vivre avec l’Autre, ou un autre. Mais je ne trompe pas…

« C’est bête, m’a-t-elle dit, comme ça tu ne sauras jamais »

Bin, non, je ne saurais jamais.

De toute façon, j’ai aussi décidé de me le sortir de la tête. Il parait que l’amour dure trois ans, l’Autre a fait son temps.

Si non, pour ceux qui s’inquiétaient de mon abonnement orange, les sms remarchent (pour certains)