Questionnement

Parfois, je m’interroge sur la vacuité de ma vie. Seulement parfois. J’y pense, et (comme dit la chanson) et puis j’oublie.

Je crois que je n’ai plus envie d’aller vers les autres. J’ai eu une période, où, j’étais sociable.

J’ai deux bonnes copines que je pourrais appeler plus souvent. La plus part du temps, je me force à les appeler. Pour rester bonne copine. Mais la plus part du temps, ça me saoule, parce que ça va durer des heures au téléphone, alors qu’on pourrait aller boire un café. C’est pas comme si on vivait a des dizaines de kilomètres. À des centaines de kilomètres, j’ai mon ami d’enfance. Là encore, j’ai peu de joie a l’appeler, là encore ça dure des heures au j’estime que nos échanges ne méritent pas autant de temps. J’ai aussi une ancienne voisine, et plein d’autres anciennes copines qui elles ont une vie active, mais qui se libéreraient avec joie pour une sortie ou un dîner. Le truc, c’est que je suis bien dans ma bulle, et que je pense que chacun est bien dans sa propre bulle. Alors, on s’appelle. Et puis voilà. C’est la faute au téléphone qui est devenu gratuit. Avant, on s’appelait pour se donner rendez vous, et c’est tout. On se voyait, on refaisait le monde et ensuite on rentrait chez soi. Maintenant, on s’appelle pendant des heures… et ça ne coûte rien.

Mais, voir ses amis, est ce que ça remplit une vie ?

C’est toujours la même question, inchangée depuis des années, celle du sens. Le sens direction, le sens « does It make sens ? »…

Aujourd’hui, mon sens est définitivement celui des enfants. Leurs activités, leur études. Et puis après ? Pas d’après. Pas d’apprêt.

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Mauvaise fille.

Comment peut on partir en vacances aussi loin et que ce soit si nul ? Je dois être mazo. Ou plutôt un trop grand sens de la famille. Dix jours sur place, un voyage de plus de 24h pour y arriver. Sur place, la bonne me met immédiatement au parfum : « je voudrais discuter avec vous », me dit-elle… Merde, elle va me chier sa dem’… Même pas. Aussitôt assise dans la cuisine, elle sort un sac plein de billets. Je reste littéralement bouche bée. C’est quoi ça ?? Ça, me dit-elle, c’est ce que votre père m’a donné en 3 semaines… Et pourquoi ? Pour le taxi, me dit-il… Sauf qu’en taxi, je ne dépense pas tout ça…

Elle, elle est honnête, mais, les autres qui entourent mon père de 91 ans, ne le sont pas autant. Il faut arrêter l’hémorragie. Surtout qu’il ne dépense pas que son argent, mais celui de la société familiale. Mes cousins sont déjà sur les dents. A la mort de mon père, je n’ai pas envie de devoir vendre veaux, vaches, cochons pour les rembourser.

Quand je lui demande s’il sait combien coûte un taxi, il n’en a aucune idée, et nie le fait de donner des « pourboires » à tout son entourage.

Voilà, le ton des vacances est donné. Je vais passer ma semaine entre la banque, le comptable, l’avocat. Et… les courses, la bouffe, les devoirs des enfants… et les sautes d’humeur de mon père qui n’accepte pas de se sentir sans le sou.

Moi, je me sens mal. Comme une fille indigne qui mesure les dépenses de son père, alors que lui m’a tout donné. Il n’a clairement plus toute sa tête, et en même temps donne parfaitement le change. Il est bien par moments, content qu’on soit là, et puis l’heure d’après il me fait la gueule. Sans explication, juste quelque chose qui lui est passé par la tête, qu’il ressasse, et qui ressort. Épuisant. Déstabilisant. Triste. Pourtant je pense faire ce qu’il faut. Seul problème, je vis à dix mille kilomètres de lui. Et la bas, il est seul.

Écrire pour ne plus y penser, pour moins y penser. Un peu comme on se débarrasse de quelque chose d’encombrant. Je le pose là, et puis j’oublie… si seulement ça pouvait marcher.