Archives Mensuelles: mai 2015

Fin mai

La vie est bizarre. Injuste, surprenante, dégoûtante.

Il y a deux mois jour pour jour, maman est morte. C’est la première fois que je l’écris. Comme pour exorciser les choses. Comme pour me persuader que c’est pas vrai. Tout ceci n’est qu’un cauchemars, un long cauchemar, je vais me réveiller. Mais non.

Papa m’appelle tous les jours, d’une fous par jour, on est passé à deux, parfois à trois. Je ne sais plus quoi lui dire. On parle du temps, il fait beau, il fait pourri là bas. Normal c’est l’hiver. Parfois j’ai la force Delux insouffler de la force, du moral, projettes toi, il y a des choses à venir, des bons moments. Parfois je n’ai plus les mots. Je demande à M de prendre le relais, de lui parler, de n’importe quoi pourvu que ça l’occupe. Parfois je suis forte, souvent je m’écroule.

C’est nul.

C’est injuste.

Parfois je lui en veux de ne pas avoir pris soin d’elle, je lui en veux de nous laisser comme ça, si démunis, si seuls. 

Je me disais c’est cool. Mes parents ? Ils sont au bout du monde, ils sont l’un avec l’autre, ils prennent soin l’un de l’autre. Ils sont ensembles, ils font ce que bon leur semble. Insouciance. Maintenant c’est fini tout ça.

Je croyais ne plus jamais avoir envie d’écrire. J’avais peur de mettre des mots sur ce que je ressens, peur de pleurer encore. Je pleure encore. Tant pis.

Je suis à côté de mes pompes.

C’est un processus bizarre que le deuil. La plupart du temps j’oublie qu’elle est plus là. Et puis soudain il y a des dates : son anniversaire, la fête des mères, le premier mois, le deuxième, les quarante jours… Tiens à propos des quarante jours, un truc bizarre : un jour j’ai rêvé d’elle. Elle était si reelle, je lui prenais la main, elle était chaude, elle était vivante, elle me disait qu’elle était là, près de moi, avec moi, mais que bientôt elle allait partir, plus loin. Je me suis dit qu’elle était venue dans mon rêve me dire au revoir. Ce rêve m’a fait du bien. On ne s’était pas vues depuis les vacances de février.

Y a un autre truc bizarre : c’est mon ventre qui palpite. Quand j’y pense, que j’ai de la peine, le haut de mon ventre s’emballe, comme un cœur qui palpite très vite, sauf que c’est vers le foie. Au début ca m’a inquiétée. J’avais des douleurs au cœur aussi, je faisais mon infarctus, comme elle. Un coup à droite, un coup à gauche… Je somatise. 

« C’est qui qui pleure ? » Demande le petit.

– moi

– pourquoi tu pleure ?

– parce que je suis triste

– et pourquoi tu es triste ‘

– parce que je penses à Mami

– ha

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