Archives Mensuelles: octobre 2012

W´s

Je suis assaillie. Ici comme à la ville, je suis assaillie par les travaux. À la ville, la pose de la cheminée, la réfection de la terrasse… Ici, la chambre rose, mur et plafond qui s’écroule…

Le calme aura duré un jour. Dès le second matin, les allée-venues ont commencé. Pose de l’échafaudage, rails, plaques… Allés-venues de quatre hommes en bleu et poussière qui traversent la maison de bout en bout pour monter leur matériel à l’étage.
À la base, je n’étais plus très chaude pour avoir des travaux pendant ces congés. Mais, à la fin de l’été, j’avais dit au maçon mon projet… La grande différence entre la province et Paris pour les maçons, c’est qu’à Paris, il faut leur courir après pour en avoir un. Ici, c’est le maçon qui vous relance… Alors, comme j’avais dit… Et ce qui est dit est dit… Et que si jamais j’ai besoin de lui pour autre chose… Bref, j’ai dit ok. Et puis, ce qui est fait n’est plus à faire, et je serais bien contente d’avoir une pièce de plus en état d’habitable quand on invitera des amis. Bref, je prends mon mal en patience…

À part ça, les enfants ont repris possession de leur espace de jeux, foot, trampo… La collecte de bois pour la hutte bat son plein, elle sera bien avancée pour l’arrivée des copines.
Mon homme se repose pour une fois, je crois que les allée-venues l’ont dissuadé de faire quelque bricolage que ce soit. Allongé sur le sofa, il lit sur sa tablette un bouquin qui semble le passionner. Plus tard, nous irons à la piscine, peut être même au sauna… Et puis aux champignons. Un voisin en à ramassé cinq kilos ! Avec un peu de chance, on devrait en trouver…

Voilà, la vie se coule douce douce malgré tout.
Demain j’appellerai ma cousine qui a perdu son mari, mon amie chilienne, mon oncle et ma tante… Bref, demain on sortira de la bulle, oui, mais pas avant demain….

Et voilà !

Le monospace a encore une fois avalé les kilomètres, vu défilé les maisons, les immeubles, les arbres. Avalé l’asphalte chevauchant les lignes blanches en pointillées, s’arrêtant parfois pour faire la plein, de carburant, de sandwich, de bonbons, et vider les vessies.

Et voilà qu’il a quitté le grand ruban ardoise pour sauter sur une petite route, plus étroite, cahotante. Les virages bordant la rivière, la ligne droite, le pont, première à gauche. Tiens, les voisins ont fini leur maison –commencée cet été en kit ! et y habitent maintenant. Le virage, le portail, l’allée, au bout la cours. Le soleil brille et les couleurs sont magnifiques.

Et voilà, nous y sommes. Le chat n’en peut plus de ce long voyage et manifeste son impatience. J’éteins le moteur de la voiture, ouvre la portière et descend en m’étirant. Un tour de clé, deux tour de clé, le lourd loquet, je pousse, voilà, nous y somme, je suis prête à aspirer, à humer la première inhalation de la vielle maison. Cette odeur, c’est ma madeleine. Je m’en emplis les poumons comme je me dirige vers la cuisine. La maison est tiède, cette douce chaleur est rassurante, enveloppante. Je me sens bien.

philo zof

Personne ne fait de la psychologie par amour, mais plutôt par une envie sadique d’exhiber la nullité de l’autre en prenant connaissance de son fond intime en le dépouillant de son auréole de mystère.

Je discutais l’autre jour avec un curieux jeune homme. Oui, il m’arrive de discuter avec des gens bizarres, preuve s’il en est que je ne suis pas si sectaire que ça, voire même pas aussi sélective que je devrais l’être, mais là n’est pas le sujet !
Je ne sais comment nous en sommes venus à discuter de la place des décisions dans un couple. Toujours est-il qu’une de ses petites phrases m’a interpellée : Je prends les décisions pour notre couple, pour que tout se passe au mieux dans notre couple. Je ne pense pas qu’il parlait du menu du dimanche midi, du moins pas uniquement. Monsieur décide, madame suit…
Dans les faits c’est souvent le cas. Sous notre toit, c’est en effet Monsieur qui décide de ce qu’on mange, puisqu’il fait le marché. C’est aussi Monsieur qui décide des prochaines vacances, puisqu’il fait actuellement la réservation. Mais la plupart des sujets sont discutés, négociés, acceptés en commun.