In vivo Veritas

j’attends ton mail incendiaire… (ou pas)

Un homme malade est, par essence même, mourant.

Mon homme est malade.

En vacances, et malade. Oh pas d’une bien grave maladie, juste de quoi prolonger un peu ses vacances. Vous allez rire, il a eu un accident de transat. Non, ne riez pas, ce n’est pas drôle. Il y a toutes sortes de transats chez nous, et d’aucuns sont vraiment inconfortables… Un après midi au soleil, une soirée sur un rocher et une vieille sciatique s’est réveillée, et voilà l’homme bloqué du dos, incapable de conduire les cinq cents kilomètres qui le séparent de son lieu de travail.

Du coup, il prolonge son séjour. En un sens, je m’en félicite, en un autre… Je me félicite de lui avoir dit la vérité au sujet de la venue de l’UN, par contre, plus on discute, et plus je lui donne de détails sur cette semaine délirante. Allongés sur le lit, comateux d’une nuit trop courte, je lui ai tout dit, chaque jour. Sa venue à elle, son départ, ses règles, sa fuite, la visite de la ville, où j’espérais la croiser, son intuition à lui… l’attente, l’oreille aux aguets du moindre bruit de voiture dans l’allée… tout…

La vérité est comme une douche, comme une grosse pluie d’orage, au début quelques grosses gouttes annoncent, puis l’éclair, le tonnerre, puis encore quelques gouttes qui soulagent le ciel assombri. Et puis après l’orage, tombe la pluie, toute la pluie qui lave, qui purifie, qui chasse et oublie… J’aime danser sous la pluie.

– Il faut que tu lui dise, avant qu’il ne l’apprenne par elle…

– Mouais…

– Sauf que j’ai déjà menti…

– Si c’est ton ami, il faut lui dire, comment crois-tu qu’il le prendra s’il s’en rend compte ?

– Pas bien…

– Alors si tu tiens à lui, dis-lui. C’est pas parce que je ne l’aime pas que tu dois saborder cette relation à laquelle tu tiens.

– Ok… je lui dirais demain…

Oui, mais demain, je n’aurais pas le courage de lui en parler. Alors j’écris ici. J’écris, parce que je sais qu’il lit. Je sais qu’il a compris. Il a compris quand il a fait sonner mon téléphone, et que c’est elle qui l’utilisait… Elle était là, à lui expliquer qu’elle était ailleurs. Je le savais, je n’ai rien dit. Je me sens mal. Je déteste le mensonge.

Je déteste te mentir. Je n’ai rien à dire pour ma défense. J’ai fait de mon mieux. Quand tu es arrivé, elle est partie. Quand tu es parti, elle est revenue. Je le savais. Je n’ai pu l’attacher. Tu peux m’en vouloir. Je suis désolée. J’espère que tu me pardonneras. Je suis désolée.

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