Impression du lendemain

Je n’ai même pas relu la note précédente.
Je voulais la postér hier matin, mais ça ne c’est pas passé comme ça.
Hier matin j’ai été réveille par un sms. Un sms de mon invité de pierre. « hello, je ne sais pas si tu dors encore ou pas, mon train est à 9h, je te fais couler un café ? »
Dans mon cerveau endormi, ça veut dire qu’il part, qu’il part seul, donc qu’elle n’est pas venue, pas arrivée, ou déjà repartie, seule…
Je ne suis pas du matin quand je n’ai pas assez dormi.
Partagée entre l’envie salutaire pour moi, pour mes petits, pour lui, pour tous, qu’il parte rejoindre les siens, lécher ses plaies, changer de décor pour aller mieux, et la promesse que je lui ai faite à elle de le retenir. Une légère envie de le garder pour moi aussi. Sa compagnie n’est pas mauvaise, et je m’y suis habituée.
Mes enfants dorment encore. Je ne veux pas les réveiller pour lui. Quelle qu’en soit la raison. Ils sont ma priorité. Ils se posent suffisamment de nœuds à la tête concernant l’importance de l’invité pour moi, pour que je ne les réveille pas pour cet invité.
Je suis fatiguée, alors je l’appelle… (oui, on se téléphone d’une pièce à l’autre chez nous, c’est tellement plus simple pour insulter les gens…). Je l’appelle et je l’insulte. De tous les noms.
Je l’insulte, mais me lève quand même. M’habille, avec des gestes gourds. Les enfants viennent de se réveiller. « dépêchez vous de vous habiller, on l’emmène à la gare, ou il va louper son train ».
À cet instant, je veux juste qu’il dégage de mes vieilles pierres, je veux juste être seule, avec mes petits, louve sauvage en ma tanière. Tous les autres sont de trop.
Quand je descends, il est parti. Il est parti à pied, dans le brouillard du matin, dans l’air frais qui annonce que la journée sera chaude. Si je ne le rattrape pas, il va louper son train. Alors je mets les enfants dans la voiture et dévale l’allée à tout allure. Il a passée le pont et marche plus loin dur le bord de la route. Haute silhouette incurvée sous le contrepoids de son sac.
Je l’arrête d’un coup de Klaxon et il monte, son bagage sur les genoux, je ne lui jette pas un regard. J’ai envie de pleurer. Alors je roule, à vive allure, sans desserrer les dents, alors que je voudrais lui dire tant de choses… Je voudrais le prendre dans mes bras, lui faire un câlin, lui caresser les cheveux, le consoler, comme je console mes enfants. Lui dire « c’est pas grave, c’était pas pour rien, pas totalement pour rien… » mais je suis bloquée, agrippé à mon volant, je regarde la route au loin.
À la gare, il a dix minutes d’avance. Je fais demi tour, il me dit au revoir et « merci pour tout ». Il fait mal ce merci pour tout. « Merci pour tout ce ratage » ; « Merci d’avoir fait ce que tu as pu, mais tu ne peux pas grand chose »… Alors, des la porte refermée, je démarre sans le regarder. Dans mon rétro, je le vois accroupis par terre. Le nez dans son sac. Je suis loin.
On profite de notre venue « en ville » pour passer chez le boucher et le boulanger. Au retour, dix minutes plus tard, le train est passé, il n’y a plus personne à la gare. Je me sens libre, je me sens vide. Je suis triste que ça se termine comme ça. Failed

Le répit à été de courte durée. Car a peine parti, lui, elle est arrivée… Toujours en retard, toujours trop tard.
La suite est une longue cavale que je n’ai pas envie de raconter. Que je préfère oublier. Comme mes enfants… Qui ont pour mission d’oublier cette semaine de fous. D ne rien raconter à leur père à qui je n’en ai pas parlé… Leur père, mon mari, mon ami, mon amoureux, mon amant.. Qui vient demain, et qui… (contrairement à ce que je croyais) reste jusqu’à mercredi… 5 jours pour gaffer…

(wordpress est merveilleux… Quand j’écris cette note, je vois le comm de Cristophe… Complètement à côté de la plaque mec. Je n’ai pas d’autre homme dans mon lit que le mien !)

En plus j’ai mes règles. Fait chier.

5 réflexions sur “Impression du lendemain

  1. Cristophe dit :

    C’est à se demander, encore, pourquoi il était là, ici.

    (Au sujet du « Complètement à côté de la plaque », je mets ci-dessous un lien vers « l’affaire » :
    https://2charybdeenscylla.wordpress.com/2012/08/10/impression-fugace-sur-le-vif-ou-presque/#comment-419
    )

  2. Ce que je me dis souvent, c’est que quand deux personnes ne font que se rater, même de peu, c’est qu’il y a une raison :p
    De toutes façons des occasions ratées, ce n’est pas ce qui manque, sauf que parfois on ne les a même pas calculées, et que cela ne fait pas de mal, et que parfois, ben on y a cru.

  3. Quadramatique dit :

    M’é, si je peux me permettre un conseil, tu devrais au plus vite raconter cette semaine à ton mari. Tu n’as pas le droit de demander à tes enfants de se taire. De leur mettre cette responsabilité sur les épaules. Tu dois assumer ta culpabilité toi-même et en libérer tes enfants qui ont déjà été suffisamment perturbés si j’en crois ton avant-dernier billet. Courage et bisous!

  4. KféClop dit :

    Deux textes à la suite qui me serrent les tripes…
    Comme jaloux de ce que tu ressens, comme jaloux de ta peine qui veux dire que tu vis…

    Enfin, je rejoins le com de Quadramatique, j’ai vu le poids du secret que portait mon P’tit Kawa et il n’ont pas a porter cette responsabilité. Aucune autres non plus

    • M'é dit :

      Il n’y a pas de quoi être « jaloux » de ce que je ressens. La vérité, c’est que cette semaine n’aurait jamais dû avoir lieu. Ça aurait été bien plus simple pour tout le monde.

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