Archives Mensuelles: août 2012

La crise de la quarantaine

Il est là, assis, vautré, plutôt. Le regard morne, la bouche entre ouverte. On dirait qu’il essaye de comprendre ce qui se passe autour de lui. Ou alors qu’il est plongé dans une profonde réflexion, loin très loin de nous.
Il a oublié d’enlever sa veste à l’intérieur. Ou alors c’est qu’il envisage de ressortir à un moment donné, plus tard, dans l’après midi, alors pour ne pas avoir à la remettre, il la gardé sur lui.
Les enfants ont allumé la télé, plus pour le bruit de fond, en fait, ils dessinent des histoires de match de foot. Lui, il est absorbé par l’inspecteur gadget. Ou par autre chose. Comment savoir.
Il suffirait que je lui parle. Mais l’idée d’avoir à répéter ne me donne pas envie d’engager la conversation. Je ne pense pas qu’il soit sourd. Mais il est ailleurs. Je ne pense pas qu’il soit sourd puisque quand je grommelle un « fait chier, gnagnagna, ce vieux ¥*°# !! », il entend très bien et répond agressivement et à propos.
Lui, c’est mon père, ou ce qu’il en reste. Des années d’engueulades, d’insultes, de confiance trahie, de mensonges, ont anéanti l’amour filial.
Il ne m’énerve plus, ou alors rarement. Il est tombé de son piédestal. Il est là, il m’indiffère. Je n’ai plus d’amour, même plus de tendresse. Rien, c’est moche, je sais. J’ai quarante ans.

Il y’a quelques années, quelqu’un qui avait perdu son père m’avait conseillé de lui dire que je l’aimais. Lui, n’avait pas eu le temps de le faire, et il le regrettait à l’époque. Moi, je n’y arrive pas. Quelque part, pour moi, il est déjà mort, alors à quoi bon lui dire quoi que ce soit.
Le jour ou il ne sera plus là, il y aura juste les emmerdes à gérer, les emmerdes générées par son je-m’enfoutisme… Après lui le déluge…. Ceux qui restent n’auront qu’à se démerder, lui il ne sera plus là.

Il n’est déjà plus là. Il est dans son monde.
Je ne sais pas si c’est douloureux, ou si j’occulte. Ça doit bien être un peu douloureux quand même… Si non, je n’en parlerais pas ici…

Petit bonheur

obsession 🙂

Finalement, le bonheur, c’est simple comme une paire de pompes. Mais pas n’importe quelle paire de pompes, un paire de pompes flashés, convoitées, traquées depuis de longs mois… Une paire de sneakers IM…

Des mois, que je traine les boutiques IM, les sites qui vendent la marque en quête du graal… Sold out partout ! Même dans les couleurs les plus improbables… Oui, j’avoue, j’étais prête à les prendre en bleu électrique ou rouges pétant, tellement elles me faisaient envie… Trois fois max que je les aurait mises… What a shame pour une paire de baskets hautes à talon compensé (aka sneakers pour les néophytes…)

Et voilà, que ce matin alors que je me colle à la lourde tâche du dépilage et réponse aux mails pour la rentrée ( hé oui, j-7…), un mail de ceux que je ne lis jamais, tellement ls polluent ma boite aux lettres d’envies hors de prix, de ceux que je poubellise sans ouvrir pour la santé mentale de mon mari, pour la santé morale de mon banquier.. . Et voilà que je matin, je l’ouvre et le fait défiler… « What is new for You M’é on Monday ! » Je défile : Clothing, Bags, shoes… et là Shoes ! Mes sneakers, en beige taupe, parfaits… Avec peu d’espoir, je clique sur la photo : à cette heure, il doit rester du 36 et du 42… Mais non ! Toutes les pointures sont dispo ! Les modasses doivent être en train de répondre à leur mail de boulot après trois semaines de vacances et n’auront pas encore eu le temps de dépiler leur mails mode…

En trois clics, l’affaire est dans le sac. Elles seront livrées dans quatre ou cinq jours… autant dire pour la rentrée ! Parfait !

 

Et comme un bonheur n’arrive jamais seul : le soleil est revenu aujourd’hui. 27 degrés prévus. La piscine va reprendre du service, tout comme les plongeons dans la rivière avec les amis. Youpi !!

L’inconscient

J’ai beau dire que je m’en fiche, que c’est un gros con, que sa façon détournée de me sortir sa haine, je la vomi etc… Quelque part je ne m’en fiche pas. Quelque part je me sens triste quand même, quelque part, si je me laisse aller, il n’en faudrait pas beaucoup pour que je pleure…

Cette nuit, ou plus tôt ce matin, car on ne se souviens bien que des rêves du matin, mon inconscient à parlé. On était sur la terrasse face au bois (chez nous ?) et je ne sais pas pourquoi il était là (me ramener les meubles que je lui ai filé, et le micro ondes, tellement c’est devenu insupportable pour lui de vivre dans ce qui m’a appartenu ?), mais je lui disais en face : « ce n’est pas moi, je n’y suis pour rien, elle te manipule, elle me manipule »…
Je repense à ce que j’ai fait pour lui, petits services, ou longues heures d’écoute et de suppositions diverses… Je ne compte plus le nombre de fois où je l’ai invité au restau, pour lui changer les idées, ou juste parce qu’il était trop juste en fin de mois… Et puis me coltiner sa folle-dingue, courir la chercher, la raisonner, l’inviter, la persuader d’aller le voir… En vain.
Je ne compte plus les heures passées à tergiverser avec lui sur le tchat, ou simplement, le plus souvent l’écouter… Et les moments, où on a juste passé de bons moments, ses concerts, mes photos, sa joie enfantine…
Que de temps perdu… Que d’énergie gâchée… Autant de temps et d’énergie que j’aurais pu dégager pour autre chose, mon mari, mes enfants…
Pour rendre à César ce qui lui appartient, je dois reconnaître que lui aussi à su à certains moments se montrer amical et empathique à mon égard. Bons conseils par rapport à mon homme, mon hygiène de vie, mon job…
Une relation basée sur le fait de se dire les choses cash, même si les choses ne font pas plaisir… Ce qui a souvent engendré quelques noms d’oiseau échangés… mais les engueulades étaient superficielles, et on finissait toujours par se réconcilier et rire de nos susceptibilités respectives…

Bref.
J’aimerai comprendre. J’aimerai juste qu’il me dise que c’est plus facile de me faire porter le chapeau, plutôt que d’admettre que la miss se fiche de lui, de moi, de tous.
J’aurais aimé qu’il me le dise en face. Plutôt que de façon détournée. Plutôt que de lui dire à elle qui s’est empressée de me renvoyer le mail. Trop contente de se débarrasser de quelqu’un de trop proche se sa cible.
Je lui en veux à elle avant tout. J’aurais dû claquer ma porte il y a bien longtemps déjà.
Je lui en veux à lui.
Je m’en veux à moi, aussi.

Quand j’ai reçu le forward de la miss, je les ai immédiatement pourris. Elle et lui. Dégoûtée que j’étais. Depuis, j’ai coupé les ponts. J’attends d’elle, qu’elle aille le voir, même si c’est pour le larguer. J’attends de lui qu’il qu’il me dise qu’il s’est trompé, qu’il a prêché le faux pour la faire sortir de ses gonds. J’attends, et j’essaye d’être indifférente. Sauf que force est de constater, que mon inconscient, lui, en souffre…

Fait chier.