La campagne… Ça vous gagne !

Je ne sais plus d’où je sors ce slogan pourri. Une pub de la fin des années quatre vingt sûrement. Un truc à la « demain j’enlève les bas… » , un truc à la Belle des champs « montre nous un peu de ton fromage… » ( à moins que ce ne soit « donnes-nous » et pas « montre-nous »….
Bref, la campagne c’est super. Mais il faut que ce soit un peu civilisé quand même… Donc réseau et wifi please… Piscine, transats et BBQ… Le maître nageur est un plus incontestable… Bref.
Cette année, point de maître nageur dispo. Tout au plus le directeur de la piscine (beau gosse, accent du sud ensoleillé, un peu court sur pâtes cependant) veut bien nous ouvrir une heure avant l’ouverture au public, pour que nous fassions des longueurs… Seuls… C’est déjà ça.
Cette année, la piscine de la maison fuit. Enfer et damnation, i’possible de la garder en eaux…
Cette année, des abeilles (ou des guêpes ?) ont niché sous une fenêtre, au sud, au dessus de la terrasse.
Dans notre contrée, les pompiers ne se déplacent plus pour ça… Qui pourra aider une pauvre mère en détresse ? Point de mari à l’horizon… Point d’ami d’enfance… Point de…
Alors j’appelle le fermier, notre voisin. Quatre vingt balais, mais toujours vaillant… Je l’appelle plus pour qu’il me donne les coordonnées de l’apiculteur, ou qu’il m’envoie sont fils…
« Je passerai ce soir à la fraîche » dit-il avant de raccrocher.
La fraîche… Oui… Mais il fait 19 là… On peut faire encore plus frais un quinze juillet dans le midi de l’Auvergne ?

Il passe vers 18h30, il fait toujours aussi frais. Constate les allés-venues des bestioles et me dit « vous avez de la bombe pour endormir les mouches ? »
– vous voulez dire du Baygon pour les bzzzz ? Oui…
– et la grande échelle ? L’est toujours dans la cours ?
– oui, oui, je vais vous aider…
Mais il est à moitié sourd, et passe devant moi, s’empare de l’échelle, je n’ai que le temps de lui ouvrir la porte… Déjà il l’a posée contre le mur et grimpe…
« mais, monsieur F, attendez, il faut l’affirmer… »
Il n’entend rien, les volants lui tournent autour de la tête… Lui, indifférent, redescend.
« je passerai demain matin boucher le trou, avant qu’elles ne sortent… »
– d’accord…
Mais il est déjà presse reparti.
Assis dans sa voiture, il se repose de l’effort.
« c’est que je me fais vieux vous savez… Et puis il y a ce renard qui a tué sept de mes poules, et deux coqs… Vous savez ou il nichait ?
(je fais non de la tête)
– en dessous de chez vous ! Il y en avait trois, elle avait fait des petits et se cachât sous la verrière, dans un trou…
( dans ma tête, je me dis que les petits renardeaux devaient être super mignon, et leur maman leur apportait à manger… Mais à l’extérieur de ma tête, je fais un air étonné, ébahi…)
– j’ai mis la clôture électrique sur le mur, mais ça les arrête pas…
– bah avec le mouvement, les enfants, les voitures, ils vont pas bien rester là…
– ha bin c’est malin vous savez… Ils ont mangé tous les chats du village…
(je pense à mes chats… Gloup’s… Mais bon, ils ne sortent pas… Ouf !)
Et puis soudain, il démarre sa vieille guimbarde, et me lance un « à demain hein ! » et file dans l’allée cahin-cahan…

Ce matin, il n’est pas sept heures quand j’entends la voiture monter l’allée.. Je m’habille vite fait et descend.
Le père F est déjà grimpé sur son échelle, il a presque fini, il essuie la chaux et contemple son œuvre.
 » ha mais vous êtes levée ?
– bin oui… On se lève tôt ici…
– il y en a deux ou trois qui m’ont échappé, mais elles ne sortiront plus…
Il contemple sont travail, perché. J’ai un peu peu qu’il tombe… Surtout quand il se mets martel en tête de tuer les trois volants qui tournent autour du trou bouché…
– vous n’auriez pas une tapette ?
– heu non… (je ne veux pas l’imaginer taper les bestioles perché à traître mètres de hauteur…) Mais je ne crois pas qu’elles vont revenir…
Il n’entend rien, ne veut rien entendre.
Le soleil commence à passer au dessus des arbres, le brouillard se dissipe. Il va faire beau.
« bon, vous me direz… Je repasserai frotter la chaux sur la pierre, avec une brosse en métal, vous avez pas ça ?
– heu… Non… Mais laissez faire, j’irai en acheter une…
– je repasse demain, je vais couper du bois là !
– ok, bin merci bien hein…
Mais il est déjà reparti. La guimbarde cahote dans l’allée. Il ne faudrait pas qu’il croise un renard…

8 réflexions sur “La campagne… Ça vous gagne !

  1. De retour de mon week end champêtre, je plussoie le titre🙂 Pour le reste je n’ai pas croisé de voisin, il faut dire que là où on était ils étaient plutôt loin les voisins, et que ben les hommes forts pour faire les travaux on les avait sous la main en fait. Heureusement on a pas eu à faire grand chose🙂

  2. usclade dit :

    Le slogan initial c’était pas la campagne, mais la montagne il me semble (tu ne te souviens pas de Barry White qui appuyait cette implacable démonstration de sa voix fluette bien connue?🙂
    Le père F. ne répare pas les fuites de piscine sinon?

    • M'é dit :

      Pour le coup, je me demande si ce n’était pas finalement pas « la Bretagne ça vous gagne » et le mec il se prenait une grosse vague pleine de varec dans la tronche…

      Et non le père F ne répare pas les piscines… Je me demande même s’il sait nager… Un homme de la terre, pas de l’eau…

  3. Cristophe dit :

    La campagne, on y campe en pagne !

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