Regrets

Regrets – Mylene Farmer et Jean-Louis Murat, vers le début des années 90.

Je ne sais pourquoi, je me suis levée nostalgique ce matin. Mauvaise nuit. Le vent sûrement.
Quand le vent du sud ouest se lève, il souffle dans la vallée, et emporte tout sur son passage. Cette nuit, le ciel n’était pas couvert. Et je me suis longuement amusée à chercher les étoiles. Cette nuit, des pensées ont bouclé toute la nuit, m’empêchant de trouver le sommeil. Tournée, retournée dans le grand lit, j’ai fini par visser le casque sur mes oreilles et laisser défiler la musique…

Ce matin, les tulipes qui faisaient bouquet dans le verre ont fané. Signe qu’il est temps de partir. Demain, je remballe dans la roulotte et nous faisons route vers le nord, puis vers l’ouest…
Je ne sais comment, un vieux refrain s’est immiscé dans ma tête, un truc vieux, si vieux que j’ai dû fredonner pour remettre les mots à leur place :
N’aie pas de regrets
Fais moi confiance
Et pense
À tous les no way
D’indifférence des sens
N’aie pas de regrets
Fais la promesse
Tu sais que
L’hiver et l’été
N’ont pu s’aimer

Dix heures. Une voiture monte l’allée, tourne, s’arrête. J’attends que la porte s’ouvre, rien ne vient. Puis enfin le lourd loquet se soulève et retombe dans son bruit de fonte. Mais point de pas dans le couloir. Je doute. Ai-je bien entendu Lorelei ?
– j’ai rentré votre linge madame M’é, parce qu’il va pleuvoir
– ha ok… Moi qui pensait qu’il sècherait plus vite dehors…
– ha non, là il séchera pas ! Alors je vous l’ai étendu dedans !
– merci Lorelei…

– j’ai dormi jusqu’à neuf heure vingt, babillé-t-elle encore, j’en profite comme il est pas la. Il m’a dit qu’il rentrerai vendredi… Mais je crois que je n’aimerait pas être toute seule voyez vous, c’est trop triste…
– oui, je vous comprends… Parfois quand les petits étaient petits et que je venais ici, les jours où vous ne veniez pas, les dimanches où je n’allais pas au marché, je me disais : tiens, aujourd’hui, je n’ai parlé à aucun adulte… Et le lundi, j’étais contente de vous voir arriver !
– ha mais je crois que je ne pourrais pas, j’ai pas le goût à me faire à manger, à sortir, rien… D’ailleurs il m’a bien dit que le jour où il mourrait, je me remettrais avec quelqu’un d’autre…
– sûrement Lorelei…
– mais peut être pas un homme, juste un colocataire…
– il faut le prendre jeune, Lorelei, si non il faudra vous en occuper…
– ha ça oui ! Je vais en prendre deux de vingt plutôt que un de quarante, comme ça ils s’occuperont de moi !

Je souris, elle rigole. Elle imagine sûrement déjà les deux éphèbes qui viendront s’occuper de sont jardin à tour de rôle…
Je souris, elle file déjà avec l’aspirateur sous le bras…

6 réflexions sur “Regrets

  1. Cristophe dit :

    Je n’ai jamais entendu, ou j’ai oublié, cette chanson.

  2. Wxug dit :

    C’est le titre qui me fait penser à ça : « Le café des rêves brisés », un lieu. Rien de plus, rien de moins, un lieu (virtuel). Dont le nom est très poétique je trouve.🙂

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