Les vautours

Où l’auteure (oui, ça s’accorde) parle de problèmes essentiellement liés aux riches, les pauvres en ont certainement d’autres, mais les rapaces restent à distance et c’est un soulagement.

 

Tout passe. Elle disait toujours tout passe. Les funérailles sont passées. Tout c’est bien passé.

Il ne reste que les images dans ma tête. Son doux visage qui avait l’air de sourire, les gens qui tapent la discute dans la chapelle ardente –que j’aurais eu envie de mordre ! Le curé et ses deux heures de retard la veille, on se voit demain avant la messe m’avait-il dit. OK ! Je serais là à dix heures trente pour qu’on parle un peu… Dix heures trente sur votre montre ou la mienne ? LOL. Il était en retard aussi… Noté sur un post it les noms de ses filles, petits-enfants, arrières petits-enfants… A quoi, bon ? Il a oublié d’en citer les trois quarts. Passé la première ligne, trop long à lire… Par contre il  n’a pas oublié de récupérer l’enveloppe pour les œuvres de la paroisse… J’ai du mal avec les curés…

 

Tout passe.

Reste le poids du cercueil porté par nous tous ses petits-enfants et quelques amis très proches. (Note pour plus tard : comment font les gens qui n’ont pas de bras forts pour porter le cercueil de leur mort ? Ce n’est pas le petit monsieur –un mètre vingt, quarante-deux kilos, qui peut faire grand-chose…). Reste tous ces gens l’air contrit qui présentent leurs condoléances. Certains disent « sincères » en plus. On dit « merci »… On dit « merci d’être venus » au cimetière, un peu comme on dit merci d’être venus à un mariage ou à un concert d’un pote…

Et puis les gens se dispersent. Les proches se dispersent. La famille se disperse…

 

Tout passe.

De retour à la maison, il y a sa maison, juste à côté. Mausolée vide. Vide comme moi.

Le jour passe. Irréel. Le lendemain l’est tout autant. Il faut juste penser à manger, à sortir les enfants, à leur expliquer… l’inexplicable. L’immense mystère de la foi, l’immense puissance de la religion…

 

On se souvient d’elle avec joie. Avec des sourires attendris, avec des rires aussi. Mes plus beaux souvenirs sont avec elle. Toujours. Je vous les épargne… ne partez pas J

Dimanche de Parillada (bbq local), piscine, hammam… Je regarde la mer, si bleue, je suis automate.

 

Et puis lundi, il faut « bouger » il faut prendre des renseignements, savoir les marches à suivre, pour faire les « affaires ». Je suis d’une famille où on ne prévoit pas la mort. Personne ne fait « ses affaires » avant sa mort. « Après moi le déluge » pourrait être notre credo. On sait que les choses vont arriver, on les voit nettement venir, mais on ne fait rien en « prévision de… »

Alors les comptes sont bloqués, la société ne l’est pas, c’est déjà ça… Maman s’angoisse, se perd. Que voudra sa sœur ? On spécule sur l’influence de mes cousins (trois) alors que maman n’a que moi, moi qui vit à un océan d’elle…

Spéculations et énervements. Ils sont venus entourer leur mère, eux qui n’avaient pas été voir ma grand-mère depuis dix ans, ils sont tous là. On envahi la chapelle ardente, porté son cercueil, sourit aux condoléances. Ils sont là pour leur part, pour la part de leur mère. J’en ai la nausée…

 

Tout passe. Il faut connaitre ses adversaires… Alors on les invite, on se voit, on parle de tout de rien. De nos enfants qui sont forcément extra ordinaires…

Demain sera un autre jour… Tout passe, mais c’est si dur de « faire passer »…

7 réflexions sur “Les vautours

  1. Cristophe dit :

    Tout passe par le gosier, dans un sens ou dans l’autre…

  2. caloulaframboiz dit :

    mais quand même, c’est dur à avaler.
    j’ai remarqué que souvent, les gens se révèlent dans ces occasions-là… et les pires ne sont pas ceux qu’on croyait.

  3. Tout passe oui.
    Mais parfois c’est un peu dur, pour ceux qui restent, justement.

    Je n’aime pas ces situations, j’exècre les moments où l’on voit les gens qui s’obligent à être désolés, tristes ou autres…

  4. Ash dit :

    Non tout ne passe pas.
    Les cicatrices resterons surement..suturés mais sensibles.
    Et les âmes révélées en ces occasions… festin lugubre.

    T’embrasse.

  5. chaourcinette dit :

    lorsque ma soeur est décédée, elle avait « fait ses affaires »…Elle vivait avec nous, et ne voulait personne à son enterrement…que nous …..j’ai fait selon son désir…prévenu personne…mes 3 soeurs ne savent pas qu’elle est DCD…comme elles ne demandent jamais de ses nouvelles, il n’y a pas de raison que je leur dise…
    je suis donc la seule à porter le deuil…..
    et comme elle ne possédait rien…..ce fut vite fait……dans l’intimité, mes enfants et moi….un Diacre merveilleux….Nous étions dans la peine et nous nous serrions tous les uns contre les autres….pour se donner chaud et pour penser à elle…Pour l’accompagner….
    Je suis sure qu’elle a adoré !!

  6. charles dit :

    l’homme est un loup pour l’homme.
    et surtout en famille.
    pour se battre et avoir le plus possible.
    c’est nul l’après-mort.
    c’est moche ces trucs de « partage ».

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