Le retour (spéciale dédicace…)

Parce qu’il n’y a pas de fumée sans feu, et que souvent, à la fin, il ne reste que des cendres…)

A peine rentrée, un mail d’un Virtual pote : « je viens à Paris, la semaine prochaine, pas le temps pour un café » (en gros… parce que je n’ai plus les mots exacts en tête). S’en suivent un certain nombre d’échanges où je le charrie sur le fait de me prévenir de sa venue sans trouver le temps, dix minutes, pour un café au comptoir du troquet de son choix, son jour sera mon jour, son heure la mienne. Que peut-on proposer de mieux ? Un souper après minuit ? Il me donne l’adresse de son hôtel, et me propose deux jours (ou leurs lendemains ?) après minuit… « C’est pas un peu bizarre de se rencontrer dans un hôtel du XVIème après minuit ? »

Après minuit, mon carrosse se transforme en citrouille, de toutes façons, à la nuit tombée, il ne faut plus me nourrir, sinon je me transforme el être maléfique et méchant. Oui, je suis un peu gremlins à mes heures… Forcément, je décline. Qui aurait envie de s’extirper de son doux cocon pour un improbable café  « après minuit » ? Pas moi.

Curieusement, depuis plus de nouvelles… Pas de réponse à mes textos de « Bienvenue à Paris –c’est toi qui nous ramène ce temps de merde ? », ni de « Bon retour chez toi ! –le soleil est revenu ! ». Comment ça ils ne sont pas sympas mes textos ? Oui, bon peut être pas très sympas, mais qui se vexe pour ça ?

Bref.

Dans la série retour de bâton, j’ai aussi envoyé un texto à l’Autre pour lui dire que j’étais de retour… –pas de réponse ; ainsi qu’un texto à ma cousine pour lui souhaiter son anniversaire. Pas de réponse, aucune, à croire que mon opérateur fait la grève des réponses à mes textos…

 

Depuis mon retour, j’ai l’impression de flotter au-dessus de ma vie. Un peu comme si je contemplais ce qu’est ma vie sans vraiment en faire partie, un peu comme spectatrice de mon film, un film connu, tourné et retourné cycliquement de manière infinie.

Depuis mon retour, mon doux mari emmène les enfants à l’école le matin –« reste au lit ma chérie, l fait froid », les enfants me font plein de câlins –alors que d’habitude c’est leur père qu’ils câlinent, moi je fais partie des meubles…

Depuis mon retour, je n’attends qu’une chose : repartir…

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Voyager seule : les rencontres

Vitrine Hermes (année ???) La culture du voyage

Quand on voyage seule, on rencontre des gens, parcequ’on est plus disponible, aussi peut-être parce qu’on effraie moins en tant seule qu’en se déplaçant avec son noyau familial (sa bombe à retardement, devrais-je dire ?).

Là encore, toutes mes pensées vont vers l’Autre et sa passion des voyages solitaires. Cette ivresse de liberté qui l’envahie et qui l’accroche bien plus fortement qu’une accoutumance aux rails de coke (dédicace).

Ainsi, après quelques heures d’adaptation à mon nouveau statut solitaire, j’ai rencontré le « minier ». Arrivée à Sud, j’ai quatre heures d’attente pour voler vers l’Extreme Sud. Sur le panneau d’affichage, deux vols, même destination, avant le mien…

Le Minier. Comme moi, il attendait au comptoir d’embarquement pour savoir s’il aurait une place dans le vol. Rivaux dans un premier temps, nous sommes devenus complices lorsque nous avons appris que deux passagers ne s’étant pas présentés, nous pourrions embarquer tous deux sur le vol convoité. J’avais commencé à lui expliquer les raisons dramatiques de l’impétuosité de ma démarche. Juste histoire d’avoir des raisons de plus pour prendre la place dans le cas où celle-ci aurait été unique. Suite du hasard, les deux passagers ne s’étant pas présentés voyageaient côte à côte –logique quand on y pense, je me suis retrouvé à côté de lui pour deux petites heures de vol. C’est fou comme les confidences se font vite avec un parfait inconnu que l’on ne reverra jamais. Dans un vol intérieur, ensardinés comme harengs chez Kaspia, les langues se délient, les vies se racontent… Hasard d’une rencontre furtive, deux chemins qui se croisent, une étincelle, et le moment est déjà passé. J’ai aimé cet homme simple, ce contact franc, succinct, son intelligence pragmatique…

Quatre heures plus tard, J’atterris à Extrême Sud. Je suis attendue. Il est temps de fermer les chakras, de retenir les larmes, d’introvertiser (comment ça, ce mot n’existe pas ? qui n’a pas compris le sens ? Messieurs –Dames, de l’académie, mon mail à votre service pour répondre à vos questions)

Les jours vont être longs.

Au hasard du séjour, j’ai rencontré : des dames de compagnie le cœur sur la main, une amie d’enfance tout en cheveux, une chanteuse à succès local, une vendeuse de souvenirs et un géophysicien très amoureux.

Paroles libres, instants furtifs, étincelles volées.

Maintenant je suis de retour.

Voyage, voyage

Terminal 2E

Je suis une chieuse.

Et j’aime ça.

Ca fait des années que je ne voyage plus seule. Depuis que l’homme de ma vie a eu la bonne idée de m’épousailler, je voyage avec lui. Depuis que l’homme de ma vie a bien voulu me combler de deux merveilleux enfants, je voyage aussi avec mes boulets.

Et là, pour la première fois depuis plus de dix ans, me voilà partie toute seule.

Incroyable sentiment de liberté, d’indépendance, bonheur d’avoir un temps infini pour trainer les duty free des aéroports, lire, regarder des films pourris sur mon ordinateur, embêter l’hôtesse de l’air pour qu’elle me branche mon ordi.

Je voyage seule, et je voyage sans bagage. Incroyable sentiment de liberté que de pouvoir sauter dans l’avion qui me mène à l’autre bout de monde. Seule. Pouvoir à ma guise changer mon billet car je suis ne avance, ou pouvoir changer mon billet pare que je ne veux plus partir aujourd’hui finalement, peut-être demain. Tout ça sans avoir à gérer me boulets adorés

Je me sens libre. Libre comme ça ne m’était pas arrivé depuis longtemps.

Du coup, je ne peux m’empêcher de me projeter sur ce qu’aurait pu être mon voyage si j’avais décidé à un moment donné de sauter seule dans un avion pour rejoindre l’Autre aux antipodes. Quinze ou vingt heures d’avion pour réfléchir. Rêver à une autre destination, tout aussi au sud, juste de l’autre côté de la planète. Partir seule, l’espace de quelques jours. Un peu comme là finalement. La douleur en moins, la culpabilité, peut être en plus.