Je suis en fin de garantie

L’autre jour, on se disait que ça faisait huit ans que l’on habitait là. On : les voisins et nous. Et que tout ce qu’on avait acheté il y a huit ans n’allait pas tarder à tomber en panne. J’ai croisé la voisine hier, leur lave-vaisselle est tombé en panne. Il ne faudrait pas que le nôtre s’en inspire. Chez nous, il y a deux choses qui ont sauvé notre mariage : le lave-vaisselle et le GPS…

L’autre jour, je suis sortie avec la classe de mon fils. Je suis rentrée « en panne » comme rarement. J’hésite même à en parler tellement je suis remontée. Je me censure.

Je suis juste en panne. Vidée, vannée, dépitée. Une certitude, l’année va être longue. Très longue.

Les enfants ne sont plus des enfants. Quand un petit de six ans dont les parents sont en train de se séparer m’explique la voix pâteuse qu’il n’aurait pas du se coucher si tard, j’ai tendance à lui dire qu’en effet il aurait dû aller au lit de bonne heure, que la semaine a été longue, que le week end arrive… « Mais je vais passer le week end avec mes grands-parents que je déteste, ils sont très méchants ajoute—t-il. Heureusement je vais sortir dans les bois… » Mais oui, se dit mon bisounours spirit, les bois c’est sympas pour s’y ballader… « en fait j’y vais avec ma copine, elle a 18 ans, me confie-t-il, même qu’on passe la nuit dans les bois, et les autres (aka les autres enfants ?) ne veulent pas croire qu’à six ans j’arrive à mettre une meuf de 18 ! »… Hein ? Mais oui, j’ai bien entendu ! Alors certes, le môme est perturbé, il vit un moment difficile, et s’invente un monde imaginaire, où son père est cracheur de feu, et c’est lui qui le reconduit à la maison quand il est trop bourré, qu’il a une copine majeure, un peu son amoureuse… Soit… Mais le « j’arrive à la mettre », j’avoue j’ai un peu de mal… UN peu de mal et un peu mal… Pauvre môme.

Je suis revenue désarmée, à plat. De ce cas-là, et des trois ou quatre autres, dans la même classe. Ma terreur fait effet de gamin plus que normal… C’est peut-être pour ça que la maîtresse s’acharne sur lui. Sur lui, elle peut, il est dans un environnement ultra-stable. (oui, bon, sa mère est à l’ouest de l’ouest, mais dans la vie de tous les jours, ça ne se voit presque pas)

L’autre jour, j’avais prévu d’aller faire des courses. Une copine me propose de nous retrouver dans un grand magasin. Je ne sais pas pourquoi, mais je m’attendais à son lapin. Elle avait aussi donné rendez-vous à son « amoureux-virtuel » dans le même magasin pour une partie de cache-cache au rayon lingerie… L’amoureux est parti avant de l’avoir trouvée, moi j’ai laissé tomber le rendez-vous pour une terrasse ensoleillée et accueillante. Je ne crois plus en notre amitié depuis qu’elle m’a accusée d’avoir couché avec cet amoureux.

Ce matin, elle m’appelle pour me raconter sa soirée d’hier. Aux urgences, pour stopper une hémorragie anale. Et oui, elle s’est déchirée. Je n’ai pas cherché à savoir comment.

C’est comme si notre « amitié » aussi était en panne.

Je suis en roue libre. Je laisse venir les choses.

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