Archives Mensuelles: novembre 2011

Vexation et compagnie

–          Maman, hier dans ma classe de CP, y’a un enfant de CE2 qui est venu

–          Ha oui ? …

–          Oui ! et il a regardé tout ce qu’on écrivait !

–          Ha bon ?

–          Oui ! et la maîtresse elle a dit que tous les CP écrivaient mieux que lui !

–          Ha ok… ET qu’a dit l’enfant de CE2 ?

–          Bin qu’il essayait mais qu’il n’y arrivait pas.

–          …

Voilà.

Voilà l’exemple même de ce que je déteste dans cette école, et avec cette maitresse. La vexation, l’humiliation inutile. Comment a du se sentir cet enfant de huit ans confronté à l’évidence que des petits de six ans forment mieux les lettres que lui sur son cahier ? Vexé, forcément, humilié d’être confronté au regard de petits bonhommes incrédules, ceux-là même qui le vénèrent dans la cours de récré…

Et au final, il en ressort quoi de l’expérience ? Le grand, n’a pas résolu son problème d’écriture. Et les petits ? Ils ont vu qu’un grand de CE2 écrivait moins bien qu’eux, et alors ? la belle affaire ! Nos enfants nous voient taper toute la journée sur un clavier, et ne savent même pas de quelle main on écrit… Les seules notes manuscrites qu’ils voient hormis les calligraphies de la maîtresse sont les mots qu’on gribouille parfois sur leur cahier de liaison, nos paraphes, signatures…

Alors pourquoi faire ça ? Pourquoi emmener ce « grand » dans la classe des petits ? Pour que tous ses copains se moquent de lui ? pour que les petits se moquent de lui ? Pour qu’une maîtresse frustrée et sadique exerce  son autorité ? Juste parce qu’elle est en manque de reconnaissance par ailleurs ? Quel bel apprentissage de la vie !

L’autre jour, j’échangeais sur le sujet avec l’Un. Il me disait, que l’école, c’était l’école de la vie : on s’en prenait plein la tête, et la vie c’était comme ça… Je n’étais pas d’accord, je ne le suis toujours pas. Ce n’est pas ce que la « vie » doit être. Se battre dans la vie pour réussir est une chose, mais se battre avec des « armes » loyales, c’est quand même mieux. Humilier pour vaincre, rabaisser, la loi du plus fort, non, ce n’est pas toujours la meilleure…  Quand on bat un chien, il devient méchant, craintif, et agressif… Je pense que donner de l’amour, de la protection, de l’écoute à son enfant, le prépare mieux à la vie. Si on lui fait confiance, il aura confiance en lui. Le vexer, et l’humilier n’engendre que la perte de la confiance en lui, la perte de sa propre estime… Le dialogue, la médiation, la bienveillance… bref !

M’éca au pays des bisounours… peut-être, mais si les parents sont désabusés, comment les enfants, parents de demain ne le seront-ils pas ?

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Migraine

J’ai la tête qui explose, j’voudrais seulement dormir, m’étendre sur l’asphalte et me laisser mourir…

 

J’ai mal à la tête. Le froid ? Les vingt minutes passées sur les marches d’école à discuter avec le directeur ? Non, j’avais mal à la tête en me réveillant ce matin.

 

Le rêve (cauchemar ?) du matin me revient.

J’étais avec l’Autre. A un concert, ou un spectacle qui ne retenait pas toute notre attention. Il était proche. Insidieusement proche. Me parlant à l’oreille, m’effleurant à la moindre occasion. C’était agréable et déstabilisant. Agréable et excitant, border line. Il passait sa main dans mon cou, sous mes cheveux pour approcher sa bouche de mon oreille et me chuchoter des commentaires. Je sentais son souffle dans mon cou, la douceur de ses lèvres contre ma joue. C’était très doux, c’était surtout intriguant. Dans mon rêve, je ne comprenais pas ces gestes soudains devenus sensuels.

Dans mon rêve, je me tournais vers la femme du chanteur pour lui parler de je ne sais quoi. C’est alors que sentant que je m’éloignais un peu de lui, il me glissait à l’oreille un : « Il faut que je te dise… ». Ce qu’il avait à me dire était anodin : il m’avait emprunté un livre sans m’en parler. Un livre de ma bibliothèque. A l’intérieur de ce livre, il y avait des feuillets écrits de ma main. Quand il me les montra, mon cœur s’est arrêté, mon sang n’a fait qu’un tour, mon cerveau a fait appel de toutes ses forces à ma mémoire… Oui, j’avais retranscrit sur ces feuillets des choses que je ne voulais pas qu’il lise, des choses que je ne voulais surtout pas qu’il sache, jusqu’où avais-je été dans les confidences couchées sur le papier ? Et là, ces confidences oubliées, il les avait eues sous les yeux. Et il les avait eues suffisamment longtemps pour les étudier, et les apprendre par cœur.

C’est à ce moment-là que j’ai eu très mal à la tête dans mon rêve, et je me suis réveillée avec une migraine qui depuis ne me quitte pas.

 

Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que la journée va être longue.

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Quinze heures

Je ne sais pas c’est l’heure de la digestion, ou celle où mon métabolisme s’assoupi… Toujours est-il qu’invariablement, quinze heures est l’heure à laquelle mon ventre frémis, mon périnée de resserre, ma gorge se noue. C’est comme une angoisse qui m’étreint le bas ventre et celui-ci crie son besoin d’être emplis.

Quinze heures, j’ai envie de baiser.

 

En fait je sens bien quand je vais faire une connerie.

Je sens bien quand il y a  un truc qui va pas, et que la connerie approche à grands pas. Il y a des prémices à la connerie.

D’abord cette envie de robe de soirée ultra glamour. Ce n’est pas que parce que mon amie L s’en est commandé une pour un mariage ultra stylé. Oui, le site, où je l’ai commandée vient d’elle. Mais j’aurais aussi pu prendre une robe moins… enfin plus… bref, une robe normale quoi.

Et puis cette razzia de sous-vêtements… le prétexte : ab-so-lu-ment besoin d’en racheter, sept kilos en moins c’est une taille… Comme s je ne pouvais pas attendre le sept suivants pour refaire ma garde-robe…

Et puis les souvenirs ont ressurgis. Une date anniversaire, une période anniversaire… Un brin de nostalgie, un brin d’ennui, de routine…

J’en suis consciente.

Ou plutôt, c’est l’Un qui m’en a fait prendre conscience, l’autre jour.

L’autre jour quand je l’ai appelé, il a eu ses mots qui ont éveillé mes signaux d’alerte. Je ne saurais plus les citer tellement ils ont heurté et fait voler en éclats mes certitudes.

Je lui disait en substance, que je n’étais pas du genre à coucher avec le premier venu –même si l’autre n’est pas un premier venu, mais un venu depuis plus de deux ans maintenant… Je lui disais que j’étais solide, que mon coupe était solide, que je ne briserais pas tout, que j’avais déjà réfléchis à la question… Belles paroles. Son silence éloquent voulait dire quelque chose comme « tu te berces… ». Alors il y a eu ces mots un truc du genre « j’ai déjà eu », « j’ai déjà eu des nanas en couple, qui comme toi se croyaient à l’abri, mais il y a toujours une faille, une routine, un passage à vide quelque part, où un autre, l’Autre, peut s’engouffrer »

Si la tête que j’ai fait avait pu se voir de l’autre côté du téléphone, ça aurait été quelque chose comme ça : O_o Sauf que au fond de moi, sans pouvoir (vouloir) l’admettre, je sais qu’il a raison. La tentation est là. Un jour, je ne la repousserai pas…

La connerie était faite le rendez-vous pris. Et c’est moi qui l’ai provoqué.

« Décommandes » m’a dit l’Un… facile. Comment rester chez moi, immobile, caché derrière mon ordinateur, ou au fond de la piscine, alors que je le sais si proche, et disponible.

« et disponible », curieux aussi cette disponibilité…

Le lendemain, l’Un m’envoie un message : « ok pour déjeuner vendredi… »… « lol… » Je sais ce que je dois faire : décommander l’autre, à cause de cette réunion qui a été replanifiée… à cause de laquelle je ne peux me libérer… Il a l’air tellement déçu que je lutte pour ne pas lui dire que je vais essayer de me faire représenter… « Je viens quand même à Paris… »

La tentation vient quand même. Je n’ai pas envie de me dire au cas où. Au cas où je change d’avis, au cas où finalement entre l’Un et l’Autre…

Bref.

Quinze heures…

J’irais bien frotter furieusement mon bas ventre contre un accessoire approprié. Mais la récente mésaventure d’une copine avec ses adult toys ne m’encourage pas à me vider l’esprit par ce biais…

Plus qu’à caresser mon nouvel ami en cuir… Quand je disais qu’il y a des sacs dont le cuir donne en vie de leur faire l’amour (en safe, of course !)

(Je viens de mettre « ami » dans les tags –je ne sais d’ailleurs pas trop à quoi ils servent les tags… Mais je me disais que l’Un savait parfois se montrer en vrai ami. Et ça me touche)

 

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