Entorse

Ce que je redoute le plus, c’est le coup de fil de l’école. La dernière fois, mon petit était tombé dans la cours, et s’était cassé une dent…

Cette fois-ci, mon même petit est tombé dans la cours et s’est fait marcher sur la main par un copain… Le directeur a l’air ennuyé. Je n’ai pas le temps de discuter : « j’arrive »

4 minutes plus tard, je jette la M’écamobile sur le trottoir en face de l’école, et profite de l’ouverture de la porte pour me faufiler jusque dans le couloir du directeur.

Mon petit est là, perché sur sa chaise, pale, des larmes ont coulé et stagnent encore sur ses joues. Il tiens sur son poignet un sac à froid bleu. Je le prends dans mes bras, et il se blotti. Il a un peu mal, mais a surtout eu très peur.

Quand le directeur vient me voir, il a ce regard de celui qui ne sait pas encore quelle sera la réaction du parent.

Les accidents sont monnaie courante dans les cours d’école. On peut dire que c’est faute à un manque de surveillance attentive des enseignants de service. La vérité, c’est que tout se passe tellement vite qu’il est difficile d’anticiper.

Depuis la rentrée, trois enfants ont été amoché dans le classe du petit. L’un a eu des agrafes à la tête, l’autre a été recollé, le troisième c’est le mien.

Bien sûr, je le ramène à la maison, non, il ne restera pas cet après-midi. Nous allons chercher son cartable dans sa classe. La maîtresse en profite pour le prendre en exemple de ce qu’il ne faut pas faire… « regardez où vous courrez » et sur qui vous courrez j’ai envie d’ajouter…

 

Une fois à la maison, je doute. Il a mal mais il est tellement dur à la douleur qu’il donne le change… Je décide quand même de l’emmener faire un tour aux urgences, histoire d’avoir une radio, d’être sûre que rien n’est cassé.

 

Deux heures plus tard, le petit a vu trois vieux inanimés sur des charriots, un monsieur amputé de sa jambe sur une chaise, une vieille allongée sur un lit. Trois docteurs, quatre infirmières et une foultitude des types à petits bobos.

Il a passé une radio, et a été examiné. Le médecin lui a fait un bandage et mis son bras en écharpe. Il a été exemplaire de courage. Ce n’est qu’en partant, quand le médecin me dit : « pour l’entorse immobilité totale pendant 48h, et pas de sport pendant une semaine », que le petit craque. De grosses larmes roulent sur ses joues : « maman, je ne veux pas garder ça, mes copains vont se moquer de moi, et je ne pourrais pas faire de sport, c’est nul… »

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2 réflexions sur “Entorse

  1. en tant qu’instit ce que tu écris là résonne pour moi d’une manière particulière. Surveiller une cour de récré me donne souvent le tournis, on est deux de service pour 100 élèves, on ne voit pas tout, on n’entend pas tout et les incivilités entre enfants sont monnaie courante, ne serait-ce que bousculer un camarade ou une maîtresse involontairement et ne pas avoir l’idée de s’excuser..

  2. M'Eca dit :

    En tant que parent d’élève… je connais bien ce problème. Cependant, il est difficilement entendable pour un parent que la surveillance de la cour de récré soit une mission casi-impossible pour les maîtresses de service. Si deux ne suffisent pas, il faudrait en mettre trois… OUi, je sais, je fais esclandre au conseil d’école quand je dis ça… On en revient toujours au manque de moyens… et aussi au fait que l’Education Nationale, ne devrait pas être confondue avec l’éducation tout court que chaque parent responsable est censé donner à son enfant…

    Bref plus de peur que de mal cette fois-ci..

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