Archives Mensuelles: octobre 2011

Relativisons…

S’il y a une chose qui aide à bien relativiser, ce sont les vacances. Et là, ce sont les vacances.

J’ai froid, j’ai chaud, j’ai mal aux épaules et aux cuisses. J’aime bien avoir mal. Ce n’est pas une vraie douleur, c’est plutôt une fatigue. Saine. De celles qui donnent envie de poser la tête sur l’accoudoir du canapé, et de laisser les yeux se fermer, la tête partir en arrière, et les pensées devenir de plus en plus vagues.

Les jours filent à toute allure. Ballades, ciné, piscine… Quelques restos, des courses, un atelier Halloween…

Bientôt le retour à la civilisation. Je préfère ne pas y penser. Ici, j’oublie tout.

 

La ToDo list s’allonge. Et mon moral se rétrécit.

Chéri a décidé de faire quelque chose pour l’électricité de ces vielles pierres : « c’est criminel de laisser ça comme ça, un jour ça va mettre le feu »… Oui, je sais.

« Il faudrait aussi mettre quelque chose sur cette fenêtre du grener qui n’a plus de vitre : l’air rentre, l’eau aussi. » … Oui, je sais.

« Et tu sais qu’il y a de l’électricité qui court dans la chapelle ? » heu, oui… ? « Il faudrait la protéger par autre chose que par un fil électrique »… oui… et tu sais faire ? « oui »… Bon bin, fais le…

Accablée.

Je suis par moment accablée par l’énormité de la tâche que représente l’entretien d’une vieille maison. Une très vieille maison.

La ToDo list me semble infinie. Le toit, les trous, les vitres, les fenêtres, l’électricité, la plomberie…

Et puis il faudrait aussi, dans un monde parfait, s’occuper du vieux moulin, de l’orangerie, du garage et des bâtiments de la vieille ferme…

Il faudrait, dans un monde parfait gagner au loto… Il faudrait pour ça que je commence à jouer…

 

Ici, j’oublie tout, sauf quand Chéri me rappelle la réalité…

 

 

 

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C’est moche

J’ai fait un rêve super bizarre la nuit dernière.

Je me suis réveillée en larmes.

Tu pouvais te transformer en chat, sauf que je ne le savais pas.

Alors il y a avait ce chat qui était venu se faire caresser. Il ronronnait super fort en se frottant à mes jambes. J’avais froid et je l’ai pris avec moi dans le lit. Sauf que ce n’était plus un chat.

 

L’autre jour, je sortais avec l’Un. Pour le sortir de ses sombres pensées. Pour me sortir du quotidien. A un moment donné, je ne sais comment, on en est venus à parler de l’Autre. Et là il me dit : « tu sais que tu as le regard qui pétille quand tu en parles ? » Bientôt deux ans que tout s’est achevé… et pourtant, inconsciemment, tout subsiste. Intact.

 

J’ai en tête ces mots de Baudelaire : « moi mon âme est fêlée… » J’ai l’impression que tout m’écorche, j’ai les larmes constamment au bord des cils. Je suis comme une éponge, j’absorbe toute la peine alentour. Je suis à vif.

Je vis mal l’injustice. Je vis mal la peine de mon petit, son angoisse, son mal être.

Je voudrais pleurer, mais rien ne vient.

Le ciel est insolemment bleu et le soleil rasant donne de belles couleurs aux arbres.

 

Ce matin, une amie me disait que cette maîtresse est blasée, qu’elle est contente que son fils ne l’ai pas eue. Qu’elle prend en grippe les enfants turbulents et leur fait une sale réputation pendant toute leur scolarité. Depuis je pense en boucle à le changer d’école. Aller pleurer chez Montessori, ils me le prendraient… Un enseignement qui tient compte de l’individualité de l’enfant dans le collectif… Voir avec lui ce qu’il préfère : changer d’école et ne plus avoir ses copains, mais peut être une méthode qui lui conviendrait plus, ou se coltiner la sorcière jusqu’à la fin de l’année…

Ce qui me hérisse, c’est que j’ai l’impression qu’il ne risque pas d’apprendre avec elle puisqu’elle le sort de la classe dès qu’il fiche le bazard. Mon petit passe donc des heures dans le couloir, hors de la classe… Pas étonnant que le soir on passe des heures à faire les devoirs… puisqu’il n’a pas eu le cours qui lui permettrait de les faire en trois minutes comme le préconisent les textes…

Et puis il y a l’histoire des délégués de classe où ses copains auraient voté pour lui, mais comme il chahutait, elle lui aurait interdit d’être délégué… bel exemple de démocratie… Est-ce bien légal ? me soufflait ce matin l’amie … Ça aurait été bien pour lui d’être délégué, ça lui aurait donné des responsabilités, ça l’aurait valorisé, lui qui manque tant de confiance en lui… Je ne peux cesser de me dire qu’elle a rien compris à mon petit… Si elle n’est pas capable de comprendre ça, il faut qu’elle change de métier… Tout comme quand elle me dit que mon fils est fatiguant… Bin woué, il est fatiguant, mais c’est aussi pour se fatiguer qu’on la paye, elle !…

Oui, je suis en colère, c’est peut être cette colère qui m’empêche de pleurer.

 

L’Un, l’Autre, le Chat, le Petit…

Je voudrais juste m’immerger profondément pendant des heures te des heures… Ça tombe bien, ce soir, j’ai piscine.

Entorse

Ce que je redoute le plus, c’est le coup de fil de l’école. La dernière fois, mon petit était tombé dans la cours, et s’était cassé une dent…

Cette fois-ci, mon même petit est tombé dans la cours et s’est fait marcher sur la main par un copain… Le directeur a l’air ennuyé. Je n’ai pas le temps de discuter : « j’arrive »

4 minutes plus tard, je jette la M’écamobile sur le trottoir en face de l’école, et profite de l’ouverture de la porte pour me faufiler jusque dans le couloir du directeur.

Mon petit est là, perché sur sa chaise, pale, des larmes ont coulé et stagnent encore sur ses joues. Il tiens sur son poignet un sac à froid bleu. Je le prends dans mes bras, et il se blotti. Il a un peu mal, mais a surtout eu très peur.

Quand le directeur vient me voir, il a ce regard de celui qui ne sait pas encore quelle sera la réaction du parent.

Les accidents sont monnaie courante dans les cours d’école. On peut dire que c’est faute à un manque de surveillance attentive des enseignants de service. La vérité, c’est que tout se passe tellement vite qu’il est difficile d’anticiper.

Depuis la rentrée, trois enfants ont été amoché dans le classe du petit. L’un a eu des agrafes à la tête, l’autre a été recollé, le troisième c’est le mien.

Bien sûr, je le ramène à la maison, non, il ne restera pas cet après-midi. Nous allons chercher son cartable dans sa classe. La maîtresse en profite pour le prendre en exemple de ce qu’il ne faut pas faire… « regardez où vous courrez » et sur qui vous courrez j’ai envie d’ajouter…

 

Une fois à la maison, je doute. Il a mal mais il est tellement dur à la douleur qu’il donne le change… Je décide quand même de l’emmener faire un tour aux urgences, histoire d’avoir une radio, d’être sûre que rien n’est cassé.

 

Deux heures plus tard, le petit a vu trois vieux inanimés sur des charriots, un monsieur amputé de sa jambe sur une chaise, une vieille allongée sur un lit. Trois docteurs, quatre infirmières et une foultitude des types à petits bobos.

Il a passé une radio, et a été examiné. Le médecin lui a fait un bandage et mis son bras en écharpe. Il a été exemplaire de courage. Ce n’est qu’en partant, quand le médecin me dit : « pour l’entorse immobilité totale pendant 48h, et pas de sport pendant une semaine », que le petit craque. De grosses larmes roulent sur ses joues : « maman, je ne veux pas garder ça, mes copains vont se moquer de moi, et je ne pourrais pas faire de sport, c’est nul… »

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