Archives Mensuelles: septembre 2011

Censure

Il y a des choses que je voudrais pouvoir écrire, que je n’écris pas.

Je me censure. Un peu, beaucoup, passionnément. Je me censure car l’Un me lit.

J’aimerai pouvoir lui dire : tu vois la petite croix rouge en haut à droite ? Bin tu double cliques dessus… Mais le connaissant, il lit mon RSS. Quelle idée aussi de mettre un RSS !

 

Eternel dilemme du pourquoi on écrit, pour qui. Pour moi. Pour moi d’abord. Pour moi d’abord ? On finit toujours par écrire pour ses lecteurs. Pour certains d’entre eux. Parfois pour d’autres. Pour l’Autre. Pour l’Un ou l’Autre.

 

Il y a longtemps, j’avais un blog. Un blog politiquement si correct que je pouvais en donner l’adresse à mon mari, mes amis. A mes connaissances, même. Rien que du correct. La vie, la mode, l’actu, des trucs de fille. Mais rien de ce qui se passait dedans, très en dedans. L’ancien blog était une vitrine parfaitement lisse de moi. Lisse, non pas mauvaise, il y avait du bon –dixit l’Autre, du très bon même… Mais jamais le sujets pouvant choquer mon entourage. Jamais l’aveu de mon attirance cers un autre, jamais mon indignation, ma peine, mes questions, mes doutes.

Alors, je suis venue ailleurs. Exulter mes joies et surtout mes peines, mes doutes et mes fêlures. Mes fissures aussi. Et le reste.

Et puis la vie fait que… soudain, je ne me sens plus aussi libre de m’exprimer ici. Le défoutoir perd de son intérêt, perd de sa thérapeutie. Perd, se perd.

 

Je me censure. Pour son bien. Pour ma tranquillité.

Si je pilotais quoi que ce soit, je choisirais de décrocher. Tel un airbus au-dessus de l’atlantique.

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Un rêve

Etrange

Je ne sais pas pourquoi, j’étais aux toilettes, et je me rendais compte que je portable qui trainait sur le lavabo était celui de Gilles. Je pense l’avoir reconnu avant d’avoir commencé à regarder ce qu’il y avait dedans. Oui, dans mon rêve, Gilles a un Smartphone.

J’étais dans la salle de bain quand je l’ai vu dans l’entrebâillement de la porte. J’ai eu l’impression qu’il m’observait depuis un bon moment, alors, je me suis sentie coupable de fouiller dans son smart phone… Je ne sais pas pourquoi ni comment je me suis retrouvée trop près de lui. Trop près, aka dans ses bras. Je ne sais pas par quel hasard je n’avais pas de soutien-gorge. Je ne sais pas comment, mes seins sur son torse, ses bras autour de moi, je ne sais pas…

Je me suis réveillée.

 

J’aimerai parfois ne pas me mettre dans des situations inextricables dont j’ai un mal fou à me sortir.

L’autre jour, l’Un est venu chercher un truc à la maison –oui, l’un fait partie de mon cercle IRL, c’est pour ça qu’il a été  rebaptisé l’Un, qu’il est sorti de l’anonymat des x-trucs. L’autre jour donc, l’Un est passé à la maison. Lui, il a fait la gueule. Plus par fatigue du boulot que par réelle misanthropie. Mais il a fait la gueule quand même. « tu lui file ses trucs et basta », « je te préviens à dix heures je monte me coucher », « je vais au ciné »… L’Un tardait, Lui râlait.

Finalement, l’Un est passé, est resté juste ce qu’il faut pour casser une croute et papoter de tout, mais surtout de rien, et est reparti à une heure on ne peut plus raisonnable. Lui, il a conclu par un « ça c’est fait », et moi je me suis demandé pourquoi tant d’animosité déplacée. A-t-il des antennes ? Soupçonne-t-il le passé-trépassé ? Est-il jaloux d’une pseudo complicité épisodique ? Est-ce purement épidermique ?

 

Lui, il n’aime pas Seb, il n’aime pas S-narf, il n’aime pas le « boucher », il n’aime pas Yves, il n’aime pas Nico, il n’aima pas l’Autre (bien sûr ^^), il n’aime pas… etc etc

Seb était amoureux de moi, on avait quatre ans. (bon depuis, il n’a jamais eu personne, et suite à mon refus d’aller lui rendre visite au Moyen Orient avec mes enfants, il envisage de rentrer vivre en France. LOL quoi) (woué, LOL, parfaitement)

S-narf, il n’y a jamais rien eu avec S-narf, à peine quelques projets d’école partagés, quelques soirées arrosées. Je lui ai présenté sa femme, ma plus belle (et unique) réussite de marieuse.

Il n’aime pas le « boucher », moi non plus. Il est gentil, mais bon, voilà quoi. Gentil.

Yves… Ha Yves… le mythe du beau moniteur de ski. Beau, blond, bronze, un dieu vivant sur piste. Oui, bon, Yves pourrait être mon père, je le connais depuis que j’ai six ans… passé l’adolescence, ça casse le fantasme !

Nico… Le mari d’une copine avec qui j’ai eu le malheur d’aller marcher dans les bois. Avec mes enfants, avec ses enfants, alors que la copine était chez le coiffeur. Oui, marcher dans les bois et ? et puis c’est tout.

L’autre… Oui, l’Autre il aurait pu en être jaloux, mais l’histoire est ancienne.

 

Il n’aime personne, ou presque. Il n’aime surtout pas ceux que j’aime bien à un moment donné, ceux avec qui j’ai une complicité qui lui échappe. C’est chiant.

Ce qui se passe dans ma tête n’appartient qu’à moi.

Lui, il n’aime que moi.

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Une bulle

Je voudrais être dans une bulle. Fichez-moi la paix !

 

Il me gonfle, il me gonfle. Il est morose, chiant, pénible. A peine quelques jours ici, et déjà il me gonfle. Il a viré la femme de ménage, mais pas son bazard. Sous prétexte qu’il travaille, qu’il a du boulot, je devrais être sa bonne, sa nounou, sa cuisinière, sa repasseuse, sa jardinière. La responsable du classement de ses papiers, sa conseillère, celle qui organise les sorties et les vacances, celle qui s’occupe de la révision de sa voiture, et de son contrôle technique…. et sa femme, son amie, sa maitresse. Sa maîtresse, j’ai pas envie.

Il me saoule, il me saoule.

Il invite ses copains, je dois gérer les courses, et la bouffe, le vin et les grillades. Me souvenir que Pierre ne mange pas de tomates, et que Pauline n’aime pas les poivrons. Jacqueline est enceinte, et ne mange plus de crudités, son compagnon n’aime pas les fraises, et Fabien ne mange pas de fromage… Ha bon ? On ne peut pas faire de raclette – salade de fraises ? Bin non. Ni de poivrons grillés, ni de tomates-mozza… La prochaine fois, on va au resto, et chacun prend ce qu’il aime. Ou chacun vient avec son Tupperware… autre concept du pique-nique.

Il gueule sur les mômes, mais s’ils font des conneries, c’est de ma faute, après tout c’est moi qui m’en occupe, qui les éduque. Donc s’ils font des conneries, c’est que je les éduque mal. Une évidence, je suis une mère laxiste. Et en plus j’ai une vie à part la chair de ma chair… Mère indigne ! J’ose avoir une vie, essayer d’en avoir une.

 

J’en ai marre.

Il y a des jours, la vie de couple, ce Graal, bin je le donnerai bien à qui n’en veut. J’échangerai bien mari, maison, enfants, contre deux semaines de liberté, sans mari, sans maison, sans enfants. Surtout sans mari. Surtout sans mari stressé par un boulot qui le stresse, qui l’angoisse, qui le bouffe. Deux semaines…

Je viens de passer deux mois sans mari. Sans mari, hormis une trois jours pour le 14 juillet, quatre jours pour le 15 août, et le week end avant la transhumance de rentrée… Autant dire deux mois seule. Seule avec les petits. Les petits pas si petits. Alors ? Alors c’était bien. Quand il est arrivé, on s’est demandé eux et moi pourquoi est-ce qu’il criait quand ils courraient dans la maison, ou pourquoi on n’avait plus le droit de gouter à la piscine, ou pourquoi, encore, on ne pouvait plus aller se baigner à la rivière après 18h, se coucher tard, attendre l’heure bleue… Pourquoi ? Ha oui, parce que c’est bientôt la rentrée, et qu’il faut reprendre le rythme… Ha le rythme… dans ce cas pourquoi le perdre alors ? autant garder celui de l’année scolaire… à quoi bon les vacances ?

 

Je m’égare.

J’en ai marre.

Une semaine, et j’en ai marre.

Seul point positif, je me suis trouvé un cours de natation. Le soir, tard… comme ça au moins il n’aura pas à râler parce que mon activité n’est pas compatible avec son travail et les enfants…

« maman, va nager, et nous on fait quoi ?

–          Je suis là pour vous garder, ne t’inquiète pas, je fais la nounou…

–          …

(pour une fois, j’ai envie de dire… mais je me tais, je tape juste comme une folle sur mon clavier, et j’ai les yeux qui piquent)

 

Une bulle.

Mettre le baladeur sur les oreilles et aller nager, aller courir, aller au diable.

Oui, voilà, je vais au diable.

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