La route

Finalement les valises se sont faites. Rapidement. Ca va toujours plus vite quand on les a faites mentalement. Choisir le sac des vacances, les chaussures, les robes et les jupons ne pas oublier les espadrilles à talons totalement inutiles à la campagne, tout comme les stilettos Free Lance, mais on sait jamais. Des fois que sur un mal entendu Monsieur aurait envie de me prendre debout, les mains crispées sur le manteau de la cheminée, le mollet tendu, les reins cambrés. Dans ce cas, les stilettos de 9 sont forcément indispensables… Je m’égare…

Chargées les valises dans la M’écamobile fraichement nettoyée, attachés les enfants à l’arrière, la caisse du chat à l’avant. Monsieur est parti travailler depuis deux bonnes heures, je suis en nage d’avoir tout fait toute seule. Tant pis, ma transpiration n’incommodera que le chat.

La route défile. J’avale (… uniquement en cas de besoin) les kilomètres (tsss… lecteur prétencieux).J’écoute Autoroute FM. Tout est fluide dans mon sens. Bien sûr ! Qui aurait envie de partir à la campagne un jeudi matin ? Les gens normaux vont à la plage, les gens normaux vont au soleil… Pas moi. Moi je m’installe à la campagne, loin de tout et de tous, avec mes enfants et mon chat. Quelques amis de passage, parents, famille, amis d’enfance et descendance. Je transhume.

La route défile, et l’e-coyote me dit que je vais trop vite. « Contrôles fréquents », « Contrôles très fréquents », mais aujourd’hui il n’y a rien. Je lève le pied devant les radars fixes, pas plus, les bleus ne sont pas dans les niches, ni sous les ponts… Je ne vais pas m’en plaindre.

Cinq cents cinquante kilomètres plus tard, la route devient raide, comme ma nuque. Clignotant à droite, le pont, petite route à gauche, la cote, le virage, le portail, l’allée bordée de platanes centenaires. Les pierres n’ont pas bougé. Rien n’a changé depuis la dernière fois. D’avantage de verdure, normal, c’est l’été. Les camions bene en plastique orange trainent encore dans le bac à sable, je ne me souvenais plus qu’on avait oublié de les rentrer. La femme de ménage aussi avait oublié de les rentrer… Peu importe. Je coupe le moteur et éteint la radio. Le chat se réveille et recommence sont concert de miaulements mécontents. L’avantage de la musique, c’est que je n’entends plus le chat. L’avantage de la musique, c’est que nous chantons tous dans la voiture. À tue-tête (et à cloche-pied, comme dirait Prévert).

Je coupe le moteur, éteint la radio, libère les enfants, et, la clé dans la serrure, je me prépare. Je me prépare à inspirer cette odeur si particulière, familière et oubliée, de ma maison. Je tourne la clé, soulève le loquet, j’ouvre la porte, et j’inhale. Oui, ça y est, je suis en vacances, je suis là, là, là, rien de mal ne peut arriver.

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Une réflexion sur “La route

  1. Quadramatique dit :

    Bonnes vacances, M’Eca!

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