Du choix, et de la liberté

image : isabelle kessedjian

Je roule. Sur la route infinie qui se déroule devant moi, les kilomètres défilent. Je ne devrais pas rouler aussi vite. Mais tant que Coyote ne jappe pas, je continue. Bercée par le bruit du moteur, je ne pense qu’à ma conduite. Personne devant, j’avale le bitume. Soudain, je ne sais pourquoi, je pense à lui. C’est peut être le vent dans les champs de blé ondulant comme une mer verte, ou l’immense étendue vide autour de moi. Soudain il est là dans ma tête, et mon cœur se serre.

Lundi matin. J’aime ce moment, instant fragile. La maison vide, le chat roulé près de moi au soleil du matin. L’air frais par les fenêtres ouvertes. Rien. Rien et cet immense choix devant moi pour cette nouvelle journée. Ce choix qui m’est liberté.

On en parlait hier soir d’ailleurs de cette liberté. Liberté de choisir. Ou de ne pas choisir. Sujet hautement philosophique… Or mes cours de philo sont bien loin derrière moi…

Ha tiens, mes cours de philo, quels souvenirs… Des heures de perm pour faire les devoirs de math… Le prof, on le surnommait Jojo… Il était le chef des jeunesses communistes du coin. Et je dois avouer qu’il le portait sur lui. « On va se tutoyer, nous avait-il dit dès le premier cours, le vouvoiement crée les classes sociales…. » ; « Si vous avez des questions, je vous propose de les écrire sur un papier et les mettre dans cette casserole » ajouta-t-il en ouvrant une armoire si pleine de tout que la moitié du tout s’écroula sur lui. Il en sorti une casserole en alu cabossé contenant déjà quelques papiers. « Je tirerai au sort une question à la fin du cours et j’y répondrai ». Potaches de terminale scientifique, nous le regardions médusés. Et si au premier cours sur Œdipe (« le mec qui a un accident de mob avec un gars qui roulait en BM et qui le tue, et qui gagne à un jeu télévisé le droit de coucher avec la plus belle meuf de la ville, et qui comprend pas pourquoi tout va mal… qui va finalement à un autre jeu télévisé où lui est posée la fameuse question «  qui est à quatre pates le matin, à deux le midi et à trois le soir ? » et où il comprends tellement rien, qu’il va dire qu’il est un homme tout simplement et paf, il gagne » Copy Rights Jojo) …si au premier cours sur Œdipe certains prenaient des notes –dont moi, la preuve, très vite, les cours de philo sont devenus des heures de perm pour faire… ce qu’il y avait à faire, ou des cocottes en papier

Souvenirs…

Tout ça pour dire que le cours sur la Liberté, je l’ai juste un peu zappé, si toutes fois, Jojo avait trouvé utile d’aborder le sujet… Honnêtement, je ne m‘en souviens plus.

Comme quoi, on finit par oublier… Tout fini par s’oublier.

Ou pas.

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2 réflexions sur “Du choix, et de la liberté

  1. Goodbye C. dit :

    Oh, je crois qu’on n’oublie pas. Je crois qu’on transforme – alors, forcément, ça n’a plus la même allure qu’avant, mais c’est là quand même🙂

    • M'Eca dit :

      Oui, on transforme, et les choses n’ont plus la même saveur… à moins que l’on fasse revivre l’histoire.
      (pour le meilleur ou pour le pire)

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