Mode midinette [on]

Je suis à fleur de peau. On arrive à la fin du mois et … Et l’Autre va rentrer des antipodes. –Oui, je sais, je suis pathétique. Et le stress monte.

Depuis son départ, en février, il m’a envoyé trois cartes postales. Il aurait pu m’envoyer des mails, ou mettre un commentaire sur le blog. Mais non, il a préféré la manière ancienne, ce qui laisse une trace. Une carte que j’ai glissé dans mon moleskine, une deuxième dans le bouquin en cours, la troisième est enfouie au fond de mon sac…

Les jours passent et le nœud se serre dans mon estomac. Le côté positif de la chose, c’est que lorsqu’on a l’estomac noué, on n’a pas faim, et quand on n’a pas faim, on ne mange pas, et quand on ne mange pas : on maigrit… Et ça, dans mon cas, ça ne peut être complètement mauvais, bien au contraire.

Je suis à fleur de peau. Je dors mal, me réveillant toutes les nuits à des heures indues, me rendormant à l’aube, juste avant l’heure où le réveil sonne… Je suis fatiguée, irascible, sensible. Un rien me fait pleurer, un rien m’énerve.

Lui aussi m’énerve. Nous nous croisons en ce moment –et ce n’est pas un mal… Il y a les jours où il bosse, et part avant mon réveil, rentre tard, épuisé ; et les jours où je sors, donc il rentre tôt, je l’embrasse et me sauve.. Je rentre tard et il dort déjà… Forcément puisque le lendemain matin, il bosse… etc. etc. … Quand on se croise, il y a du sexe, ce qui détend les nerfs et épuise les muscles en vidant (…) la tête.

Dans un mois les vacances, transhumance, vieilles pierres, solitude chérie, solitude choisie… Oserais-je dire que j’ai hâte de ce moment ? Mais d’ici là, le joli mois de juin bouscule soirées, apéros, pique-niques et autres BBQ…

Je suis fatiguée, moralement fatiguée, physiquement usée et j’ai encore envie de pleurer : Ce matin Beyrouth dans la cuisine, il n’a pas pensé à mettre le diner des enfants dans le lave vaisselle… Au milieu des assiettes sales, le chat est venu patouner… Encore le matin, et déjà envie de pleurer. Fait chier !

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La maman de Bambi

Le téléphone a sonné, et dans un élan de spontanéité, j’ai répondu. C’était Elle. A ma décharge, je dois dire que j’attendais une livraison de courses et que le livreur téléphone quand il est en avance. Le livreur téléphone en numéro masqué. Elle aussi.

C’est fini me dit-elle, il en a fini avec moi, je l’ai poussé à bout, c’était le bout… Et si tu savais comme je l’aime… Elle pleure, se lapide, s’autoflagelle. Elle l’aime passionnément, d’une passion qui la dévore et la pousse à l’inadmissible, et ses raisons sont si poignantes, sa passion si sincère, elle est si lucide quant au fait qu’elle a merdé, qu’elle m’émeut. Elle pleure, et je pleure avec elle. Tant d’amour, me secoue, me retourne, me renvoie à ma propre histoire. Son histoire idéalisée, sa peur d’affronter la réalité, que celle-ci soit moins parfaite, moins grandiose que ce qu’elle ressent pour lui… Je la comprends tellement… Et je me remémore les mois passés, lui, son humeur directement liée à elle, à ses appels, à ses nouvelles, à ses promesses. Il a eu besoin d’elle, ils’est accroché à elle, comme elle à lui, et puis le virtuel a atteint ses limites, le reel n’était plus àla hauteur, forcément… Je pleure pour elle, je pleure pour lui, je pleure pour le gâchis de tant de sentiments forts piétinés par bêtise. Je suis une midinette, je pleure.

Je ne peux pas regarder Bambi. Je ne supporte pas le moment où il perd sa maman. J’ai du mal avec le Roi Lion, le passage où son papa meurt, et où son oncle lui dit que c’est de sa faute. Le regard du lionceau me retourne, sa peine, l’injustice… Je pleure aussi à chaque fois que je vois les dix premières minutes de La Haut, quand il voit défiler sa vie, nostalgie. Nostalgie aussi à la fin de Toys Story 3, quand Andy fait don de ses jouets à la petite fille… Je pleure. Pour un oui, pour un non.

Je pleure quand je repense à cette histoire, un peu pour les mêmes raison que je pleure devant les films de Disney/Pixar : la peine des autres, l’injustice, la nostalgie, le gâchis des sentiments.

Tout à l’heure, mon mari est rentré. J’ai le nez pris et les yeux rouges. « Tu as pleuré ? que se passe-t-il ? » Rien mon chéri… je suis allergique… et pour détourner la conversation, je soulève mon t-shirt : « Regarde, j’ai un nouveau soutif ! T’aime ? » (j’ai de la chance, mon mari est faible avec mes seins)

A 3

 

Tango 2011

(non, je ne fais pas ici allusion à un format de papier pour une prochaine gravure… mais bien à un plan à trois. Du cul quoi !)

Je rebondis sur l’excellent article de JO.

Je crois que le trip à 3 est un fantasme récurrent. Au lit, comme dans la vie. Boulimique de tout, forcément, un mec ne me suffit pas. Je suis multiple, j’ai besoin d’autant de gens (partenaires ?) autour de moi que de diversité dans ce que je fais, dans qui je suis.

Penser à Brad dans les bras de son mari –que celle qui ne l’a jamais fait, me jette la première petite culotte (que celle qui a pensé à Georges fasse pareil : Brad, Georges ou Johnny –Depp (merci), même combat). Penserà une célébrité (même hors ferme) ne compte pas vraiment. Pour que ça compte, il faut quelqu’un du cercle proche, quelqu’un de tangible : l’Autre aurait pu être parfait si j’avais réussi à me projeter sexuellement avec lui. Ce n’a jamais été le cas… L’autre n’était qu’un pur esprit… (à ce titre il subsiste dangereusement dans ma tête, mais c’est un tout autre débat, ne nous égarons pas…)

Mais what about l’Un ? L’Un et nos dérapages contrôlés ? Puis-je dire que je ne me suis jamais imaginée dans un plan à trois avec Lui et l’Un… Ce serait mentir. Et mentir, c’est mal. Se mentir à soi-même c’est pire… Alors admettons, j’ai fantasmé le plan à trois : Lui, l’Un et moi. Mais dans ce plan à trois, l’Un n’était qu’observateur, voyeur, ombre dans un coin de la pièce nous observant et se caressant silencieusement, passivement. La simple idée de sa présence m’excitait. Quid du contact simultané de deux hommes dans mon lit ? La question reste ouverte…

Pour ce qui est de la question de un homme et une femme dans mon lit, je suis déjà beaucoup moins ouverte. Hétéro jusqu’au bout des ongles, j’aime les mecs. Les seins des autres ne me font pas fantasmer. Les léchouilles entre nanas non plus… Même si j’en connais un, qui comme tout ceux de son espèce, ne serait pas contre. Malheureusement, sur ce coup là, je ne suis pas très open… Un vieux problème à régler avec mon corps qui ne supporterait pas la comparaison… A suivre… (ou pas)