Archives Mensuelles: mai 2010

Déjeuner sur l’herbe

edouard_manet___le_dejeuner_sur_l_herbeJ’avais rendez vous avec mon ami d’enfance, Sébastien.

J’en avais déjà parlé l’été dernier. En tant que X4 je crois. Quand il m’avait avoué être amoureux de moi. Aveux fort malvenu. Mais soyons francs : qui n’est pas amoureux (un peu au moins) de son ami (/amie) d’enfance ?

Seb m’a téléphoné la veille au soir, il était à Paris pour quelques affaires, des rendez vous s’étant reportés, il voulait passer un peu de temps avec moi. Déjeuner ? D’accord !

J’aime beaucoup les déjeuners en ville. Ils sont intemporels. C’est comme si on volait quelques heures à notre quotidien. Ce qui se passe entre midi et deux ne compte pas.

Je l’ai retrouvé à la gare, juste après avoir déposé les enfants à l’école. Je suis toujours surprise de le voir aussi bronzé, « déguisé » en homme de ville, en Monsieur. « Que veux-tu faire ? 

          La même chose que toi, sourient ses yeux.

          Je voulais passer à la jardinerie, chercher un pot…

          Va pour la jardinerie !

Je m’assoie au volant et nous mène sans trop réfléchir sur l’autoroute. La conversation est badine et je me rends compte que je ne suis pas du tout là où je voulais aller. Tant pis, il y a une jardinerie dans cette direction-ci aussi.

Parking de zone commerciale de grande banlieue, chariot, pièce de un Euro, nous déambulons dans les rayons intérieurs, puis extérieurs, et encore intérieurs. Je tergiverse sur la taille du pot, sa couleur, sa matière, sa forme. Patient Seb ne perd pas de son sourire, il rit même de mes hésitations énervantes. Finalement, j’ai le pot, la terre, la soucoupe, direction la caisse où Seb insiste pour payer. Je finis par accepter.

Il est midi et je lui propose sans conviction de déjeuner dans un restau de centre commercial. « Non, allons plutôt déposer ça chez toi, tu me feras bien quelque chose à manger ? »

C’est ainsi, et je ne sais pas trop comment, nous nous sommes retrouvé à manger du saumon grillé assis dans l’herbe au fond du jardin. C’est ainsi que mon caoutchouc s’est rempoté dans une sublime poterie d’Albi aux couleurs flamboyantes, et c’est je ne sais pas trop comment que je me suis retrouvée dans ses bras, la tête à l’envers à contempler la course des nuages…

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Le cul entre deux

entre_deuxJe ne sais pas ce qui m’ennuie le plus : qu’il ait gardé des photos de moi alors qu’il était censé les effacer dès les avoir regardées, ou le fait qu’il n’a pas mis plus de deux secondes à me proposer de les effacer.

Je ne sais pas si ça vaut la peine que je lui envoie d’autres photos prises pour lui. Je ne sais pas si j’ai envie qu’il garde encore ces photos au fond de son ordi. Je ne sais pas s’il les effacera, je ne sais pas si je peux encore lui faire confiance…

J’ai eu une montée de bile lorsqu’il m’a fait la liste descriptive des images qu’il conservait dans un répertoire à mon nom. Une sorte de dégout, et de honte aussi. Je n’assume pas ce que j’ai pu lui envoyer, je n’assume pas nos « jeux ». C’est une chose que de s’amuser à s’échauffer à un moment donné, et une autre bien différente que de se retrouver face à ses actes des mois après.

Voilà, c’est ça le fond du problème : assumer ses actes.

Alors je réfléchis : est ce que j’ai envie de continuer à jouer, tout en sachant que je joue avec une personne qui n’y met pas forcément les mêmes règles que moi. Est-ce que je me fiche de ce qu’adviennent mes images une fois celles-ci envoyées ? Enfin, qu’est ce que j’y trouve à ce jeu ?

J’ai encore joué avec lui récemment. J’ai trois paquets d’images qui n’attendent qu’à être envoyées. Il n’a pas osé réclamer son dû. Le réclamera-t-il ? Pas sûr…

Mais au fait, pourquoi est ce que la blonde a encore joué avec le feu ? Peut être pour exorciser la présence absente de l’Autre… L’Autre me téléphone de l’autre bout du monde à chaque fois qu’il en a l’occasion, demande de mes nouvelles, de celle de mon tapuscrit, de mes enfants, mon mari… Il s’enquiert également de mes jeux avec mon « jeune éphèbe athlétique », me reproche de perdre mon temps, mon énergie et mon inspiration avec lui… Il est là sans être là. Aux antipodes, encore plus présent qu’à quelques heures de train. Il est là, présent, attentif, attentionné, protecteur, conseiller. Il est là… quand il en a envie. Moi, je ne peux pas le joindre… au moment où j’en aurais besoin.

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Après la pluie

apres_la_pluieEt puis une pluie torrentielle est abattue pendant les jours qui ont suivi. Un peu comme pour laver ce qui reste. Une pluie diluvienne, épaisse et glacée, qui mouille jusqu’aux tréfonds de l’âme. Une pluie qui emporte les larmes et les idées noires. Il a plu quand il est parti. Il a plu sans discontinuer. Il a plu jusqu’à saturation des terres, jusqu’à saturation des têtes. Jusqu’à crier : « y’en a marre de la pluie, y’en a marre de ce temps pourri ! ». Il a plu, puis il y a eu beaucoup de vent. Commepour sècher le reste, ce qui n’avait pas été emporté. Pour balayer ce qui pouvait subvenir à la pluie

Enfin le soleil est réapparu. Les absents ont toujours tord.

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