Archives Mensuelles: avril 2010

Spring time

picasso_le_printemps_20_march_1956_130_x_195_cm_oil_on_caAlors que l’Autre s’enfonce dans l’hiver austral de l’oubli, les beaux jours tendent enfin à se confirmer. Et avec eux renait ma libido fulgurante. C’est fête pour mon mec, et comme s’il ne me suffisait pas, je profite de quelques après midi oisifs pour me livrer à la luxure solitaire avec délectation.

Je deviens petite salope qui s’apprête à recevoir son homme comme il se doit. Lui.

Mais comme le printemps a ses giboulées, ma libido a ses sautes, indépendamment du baromètre… Après un après midi torride, alors que je m’apprête à le recevoir Lui dans une pure perspective sexuelle, celui-ci reçoit un coup de fil d’un collègue de passage. Impossible de ne pas lui proposer de passer… Tant pis, je commande chez le nouveau japonais du coin, un diner pour trois, dont un bon mangeur. Vingt minutes plus tard, la mobylette livre… pour six ! Le collègue a la brillante idée d’en contacter un autre… qu’il suffit d’aller chercher… Allez, au point où on en est, le sexe n’a plus d’importance. De minute en minute, je perds de vue la nuit brulante.

Lui est parti avec un collègue, en chercher un deuxième, je me vautre sur mon lit. Il y avait les bougies prêtes à être allumées, le déshabillé en soie nude, les mules à pompon assorties. Sous la table de nuit, les huiles de massages et autres sextoys me narguent. J’allume l’ordinateur, discute avec un ami virtuel. Même virtuellement, je n’ai plus la tête à la coquinerie.

Plus tard, les trois larrons arrivent. Ils ont pris un pot sur les Champs et rient de leurs dernières péripéties. Je n’ai pas le cœur à descendre. Il faut bien pourtant.

La soirée est d’un mortel ennui. Ça discute boulot, potins de boulot, collègues de boulot. Je m’ennuie ferme. Vers une heure du matin, enfin, ils se tirent. Je suis fatiguée, je monte me coucher, non sans lui faire  remarquer ce qu’il a loupé. Et puis je ne sais pas ce qui me prend, mais je décide soudain de poser mes fesses à portée de sa bouche. Je me branle sur la langue, puis décide de le chevaucher, son sexe profondément enfoui dans le mien. Je jouis, roule sur le coté et m’endors immédiatement. Pas lui m’avoue-t-il ce matin.

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Inconstance

madonna_pour_dolce_gabbana_20_1__2Je suis d’une inconstance rare. Pas plus tard que la semaine dernière, je disais ici même que c’était fini, que je ne relançais plus le dé, que… et que tout était très bien ainsi !

Tu parles d’une supercherie ! I cheated myself…

Allez, je vais me fendre de la tirade sur le fait que je n’ai pas envie de le perdre en tant qu’ami, que c’est un type rare, et qu’à ce titre j’ai envie de le garder… Allez, on va y croire ! Cinq minutes !

 

Je déjeunais l’autre jour avec une amie que je n’avais pas vu depuis six bons mois. Elle a quitté son mari pour un « vieux » –oui, quand il a vingt ans de plus qu’elle, on peut dire vieux. (que peut-on dire pour onze ans de plus ? la même chose…). A l’époque, elle avait été éblouie pas son charisme, et son compte en banque… A cinquante ans, on peut être à l’apogée de sa carrière, et si ce n’est pas à cet âge que l’on paye un million de francs d’impôts, ça ne risque pas d’arriver lors de la retraite ! A l’époque, son mari traversait le désert, elle venait d’avoir son premier enfant, et avait repris des études… C’est dans ce contexte fragile qu’avait surgit le prince charmant sous les traits d’un DG égotique et attentionné. En l’espace de trois mois, elle était dans son lit. La pauvre… En peu de temps, son mari surprenait l’adultère et divorçait à ses tords, prenant soin de plumer le prince charmant marié par ailleurs…

Une histoire fort glauque remise sur la table lors de ce déjeuner.

« Alors que fais-tu ?

          Je cherche un job…

          Et ta boutique ?

          Bien, mais je ne me paye toujours pas…

          Ha…

          Et je n’ai pas envie de dépendre de mon mec…

          Ha…

          Et toi ?

          Moi ? bin, j’écris… enfin c’est une longue histoire…

Et me voilà lui racontant mes petits boulots d’anecdotique chroniqueuse… et ce projet de nouvelles, de livre, de roman, que sais-je… Ce projet si lié à l’Autre. Et me voilà lui raconter l’Autre. L’Autre et son ambigüité cultivée, l’Autre et mon admiration sans bornes…

          Je suis comme hypnotisée par ce mec…

          Je ne me soucie pas pour toi, vous êtes un couple solide. Et ton mari saura te rattraper…

          C’est vrai que mon mec est génial…

          Il te soutient, t’admire et te fais confiance… Je n’avais pas ça avec Laurent. Et puis avec ses parents, il ne m’a pas du tout soutenue, je me suis sentie très seule, et Marc est passé par là… J’étais une proie facile…

J’ai comme l’impression qu’elle regrette.

          Il n’aurait pas fallu grand-chose pour que ça reparte avec Laurent…

Pas grand chose… Je connais Laurent, il n’aurait jamais pardonné la trahison… Et puis rapidement, elle est « tombée » enceinte… — Pour ferrer Marc ? L’histoire ne le dit pas. Je n’ai pas envie de lui faire de peine, ni de l’attaquer de front.

On reparle de boulot, elle avait un entretien ce matin, six mois qu’elle cherche un job…

          Tu comprends, je ne veux pas dépendre de Marc, me dit-elle encore… Et puis, il s’est fait plumer dans son divorce… Il a déjà fait un infarctus l’an dernier, je veux qu’il lève le pied, je ne veux pas qu’il soit stressé par le fric, et qu’il se remette à bosser comme un fou… Plus que sept ans avant la retraite …

Je suis dans une problématique tellement différente. Jamais je ne quitterai mon mec. C’est tellement évident. Bien sûr on s’engueule, on s’ennuie parfois, on se boude souvent… mais au final tout entre dans l’ordre, car on sait tous deux qu’on finira ensembles. Parce qu’on est fait pour ça, et pour personne d’autre.  Ou d’Autre.

Alors, pourquoi avoir écrit à l’Autre, me direz vous ? Parce que… –ta gueule !
Parce que je ne veux pas le perdre… de vue.

Je crois qu’à son retour sur le vieux continent, je vais l’inviter manger à la maison, avec mon mec et mes mômes… l’inclure dans la « famille » en tant qu’ami… et ne dites pas que je fais « entrer le loup dans la bergerie »…

Tiens ça me rappelle que c’est ce qu’avait dit mon mec à propos de X1 : « tu fais renter le loup dans la bergerie »… Lol !! Vraiment Lol !

Mais l’Autre…

C’est facile aujourd’hui car il est loin… à reconsidérer dans quelques mois…

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« envoyer »

Rasmus_Mogensen_photos_04Where are you ?
Plus de nouvelles sur ton blog, plus de commentaires non plus, encore moins de mails…
L’auteur errant est un homme occupé, que dis-je, débranché ?

En vain, je traque le lecteur de mon blog, quelques pings de PAYS sont passés début mars, puis un lecteur du coté de VILLE, un autre de AUTRE PAYS… Rien ne prouve l’identité du passant d’ailleurs… …/…

Il y a un coté vertigineux à taper sur « envoyer » et ne pas savoir vers où est ce que l’on envoie. Pas plus tard qu’à l’instant, je lui ai écrit un mail. Le premier depuis un mois. Enfin, si on compte celui où je lui signalais les risque de tsunamis pacifique suite au tremblement de terre au Chili, d’un lien fort laconique.

Je ne sais pas si c’est la pluie, ce ciel gris, le froid qui m’envahit, ou bien… mais j’ai ressenti l’envie de lui écrire. Je n’ai pas relu, de peur de ne pas envoyer. J’ai juste cliqué sur « envoyer », rapidement, très rapidement. Trop ? Peu importe.

Curieuse sensation que de me dire que je ne sais ni où ni quand le destinataire de ma missive la recevra. Peut être dans une île paradisiaque, au fond d’un cyber café moîte, aéré par les pales d’un ventilateur fatigué. Peut être dans une mégalopole asiatique, du haut d’une tour émiratie, d’une suite confortable et luxueuse toute en marbreries et dorures, richesses rendant moche la volupté d’une éventuelle luxure… Peut être… Comment savoir ? Peut importe.

Je relis le mail envoyé. Et je souris. Je n’ai signé que de mon initiale. Je ne raconte rien de personnel. Pas d’indices sur ma vie, ni sur mon quotidien. Et je ris : et s’il ne savait pas de qui il provenait ? s’il ne voyais pas l’adresse expéditeur, s’il me prenait pour une autre de ses groupies ? Je ris aux éclats ! Je m’imagine déjà recevant la réponse, missive destinée à une autre. Ressentirai-je de la jalousie ? Ou une joie méchante de savoir que les nouvelles destinées à l’autre ne lui parviendront pas ?

Squizo.

Je suis complètement squizophrène !

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