Valise (virtuelle)

bangkok_284261Je n’ai pour ainsi dire pas dormi.

J’ai pensé aux regrets qui sont bien moins cools que les remord finalement. Puis plutôt que de compter des moutons, j’ai fait une valise virtuelle. Celle que j’aurais faite pour partir avec lui.

Un maillot, de bain, non deux…
Deux paréos,
des chaussures de marche confortables, une paire de spartiates K.Jacques

Un jean, un short, une robe légère, aussi bien pour les jours de chaleurs, que pour un diner glamour. Un truc comme ma robe bordeaux en fait… parfaite.

Trois t-shirts, 4 culottes, 2 soutiens gorges

2 paires de chaussettes

Mon épilateur !

Et ma brosse chauffante…

(je souris à l’idée de sa tête -ou de la vôtre, à l’idée d’emmener son épilateur et sa brosse chauffante au bout du monde… là où il n’y a peut être même pas d’éléctricité…)

Une toute petite trousse de maquillage (tant qu’à faire !) (on ne va quand même pas ressembler à un épouvantail sous prétexte que l’on part au bout du monde non ?) (et Jane, vous croayez qu’elle n’avait pas son mascara dans la poche de son pagne ?), juste l’essentiel donc : un mascara très noir, ma terracota chérie, une crème hydratante, un brillant à lèvres, un crayon khôl à paillettes… (Oui, je sais, ça fait girly, mais les paillettes font l’œil pétillant, prenez en bonne note mesdames) (Ouille on se croirais dans un blog de fille !)

Et puis un Kway peut être aussi… et un pull.

Et mes lunettes de soleil (oui, quand même !)

Le reste s’achète sur place…

Quand j’étais étudiante en  Amérique, j’adorais partir ainsi, à l’aventure. Un point de départ, et une approximation du point d’arrivée. Entre les deux un nombre de jours de vagabondages… au gré des plages, des fêtes, et des rencontres… La bohême…

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Fin.

20070402215107_14Il est tard, très tard. Et je ne peux pas dormir.
Tout à l’heure, un mail de lui, avec juste un lien. Vers son blog. Et sur son blog, une lettre ouverte, à tous, mais qui me parle. Qui me parle tellement que j’en suis bouleversée.

Je ne sais pas pourquoi, tard, ce soir, j’ai validé son numéro sur son iphone. Peut être l’approche de son départ, l’urgence surement.
Le numéro m’a répondu en allemand que son propriétaire n’était plus disponible…
« il est parti » me suis-je dit.

Machinalement, j’ai checké mes mails, sur mon iphone. Surement dans l’attente d’autres nouvelles. Je n’attendais plus rien de lui, depuis son départ brutal le lendemain de la Saint Valentin…
Et là, le mail, de lui. Dedans, juste un lien, vers son blog… Et sur son blog, ses mots, nos mots.

« T’envoie ces quelques lignes. Je pars vers…. Je pense à toi. Je t’écrirai, parfois….
…/…
Tu seras dans mes pensées. Comme tous ceux que j’aime. »

Spontanément, je murmure : « moi aussi je t’aime… »

Je n’arrive même pas à pleurer. Je suis vide, vidée.
J’aurais voulu en parler à quelqu’un, mais quelqu’un n’est pas là.
On est toujours seul quand on a besoin de quelqu’un.

Il est parti, il emporte avec lui une miette de mon cœur.

C’est mieux ainsi.

Parla con dodo

papillon003Il est le lendemain de la Saint Valentin, et l’iphone crache un nouveau message : « suis dans le train, même lieu, même heure, ok pour toi ? »

Je suis interloquée… Son silence m’avait laissé penser le pire. Son silence m’était synonyme d’oubli. Et là, le voilà me proposer un déjeuner dans un lieu on ne peu plus romantique…
Il est dans le train, ai-je d’autre choix que d’accepter le rendez vous ?

Dans les faits, j’ai le choix, mais je ne prends pas le temps de réfléchir, et j’envoie trop rapidement à mon gout un « ok ».

J’aurais pu le laisser mariner un peu, une heure ou deux, de toutes façons il n’allait pas sauter du train en marche… j’aurais pu, j’aurais dû, mais j’ai répondu dans la spontanéité.

Quand j’arrive, le restaurant est désert, il n’y a que lui, attablé près de la verrière. Il lit un journal, sur la table, il nous a commandé deux kirs qui ne pétillent pas. A mon approche, toujours gentleman, il se lève et m’embrasse sur la joue, tire ma chaise, la ramène sous mes fesses, puis s’installe à son tour.

Le déjeuner est toujours aussi délicieux. Le foie gras fondant, le saumon très tendre, le dessert… Je suis une gourmande… Mais au dessert, il met la main dans sa poche et en sort un petit paquet enveloppé dans du papier blanc.

Soudain mon cœur bat la chamade, le sorbet à l’ananas me semble fade, limite amère. Il me râpe la langue et la gorge, mon estomac se noue.

« C’est une petite chose pour toi » me dit-il comme il me tend le paquet.

Telle une automate, je prends le petit paquet, défait le ruban. A l’intérieur une boite, je l’ouvre. Un papillon est accroché à un cordon. C’est joli. C’est un Dodo. Il y a une carte : « papillon, j’aime la liberté ». Alors, c’est comme un électrochoc, je referme la boite, et lui tend : « je ne peux pas accepter ».

Son œil azur est devenu acier, sans un sourire il fini par reprendre son présent. Son regard s’est posé un court instant sur mon alliance diamants… Je répète bêtement « je ne peux pas accepter ». La fin du déjeuner est glaciale. Pas de promenade digestive, je lui propose de le déposer quelque part, mais il a envie de marcher me dit-il en se dirigeant vers le RER…

Dépitée, je rejoins ma voiture. Une fliquette est en train de m’aligner. Je ne cherche même pas à courir pour l’en empêcher. Alignez Madame, c’est pas une bonne journée. Elle me tend le papier, telle une automate, je le prends et le mets dans mon sac. Je monte dans la voiture, il est treize heures vingt. Je vais chercher mon conjoint, l’officiel, à la clinique. Demain, s’il se sent bien, je l’inviterai manger dans ce restaurant vieillot et désuet, où ils servent un excellent foie gras, et un saumon fondant.

Plus tard, en cherchant la prune au fond de mon sac, je retrouve le petit paquet blanc. Comment l’a-t-il glissé là sans que je m’en rende compte ? Il y a aussi une enveloppe avec un bristol : « Je suis libre, tu es libre, je n’ai à t’offrir que la possibilité de t’envoler». Je reste interloquée.